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TOPIC: L'énigme Bellcastle-Ligne

L'énigme Bellcastle-Ligne 4 years 1 month ago #4906

Bonjour à toutes et à tous,

Voici quelques réflexions sur ce sujet, que je me propose de partager en plusieurs épisodes.

Bien fraternellement


Les rosicruciens de tradition Lewisienne se souviennent tous fort bien du voyage effectué en France durant l’été 1909, par Harvey Spencer Lewis. Celui-ci, profitant d’un déplacement en Europe avec son père, Aaron, en profita pour prendre contact avec certaines personnes pouvant le rapprocher de la Rose+Croix française, voire… de l’initier !

Après une traversée de l’Atlantique sur le paquebot Amerika, H.S.L. et son père débarquaient à Cherbourg, puis se rendaient en train à Paris. Dans la capitale, suite à diverses informations, il orientait son voyage vers Toulouse. C’est dans cette dernière destination que le nom de Raynaud E. de Bellcastel-Ligne apparaît.

Dans le récit initial de Lewis « A Pilgrim’s Journey to the East », publié sur une quinzaine de pages dans la revue « American Rosae Crucis », du mois de mai 1916, soit un peu moins de sept ans après ce séjour en France, ce nom n’y figure pourtant pas.



Les étudiants rosicruciens des degrés avancés découvrirent le personnage nommé Bellcastel-Ligne, dans un document dû à la courtoise de Ralph Lewis, document connu depuis lors sous le nom de « Confession Fraternitatis », écrit en 1918 sous la plume de H.S.L. et signé « Brother Profundis ». Cette confession relate bien plus en détail ce qui s’est passé en juillet 1909 à Toulouse même et dans ses environs. Lewis informe ses lecteurs que, bien des années plus tôt, il lui avait été impossible de donner certains éléments véridiques sur ses rencontres, mais que depuis, cette réserve pouvait être levée. C’est donc là qu’entre en compte Raynaud E. de Bellcastle-Ligne.

Nous le retrouvons, de même, dans les enseignements du CR+C ; au sein de la Communication numéro 10 du 3ème Cercle, où il en est fait mention dès la page 4. Spencer Lewis ayant été amené à se présenter à la porte d’un vieux château, y rencontre ce personnage qui lui fera découvrir le lieu où se tenait une ancienne Loge de la Rose+Croix française, bien des documents, vêtements rituéliques et bijoux rosicruciens anciens. C’est là aussi qu’il y sera initié et se verra confirmé l’autorisation de créer l’A.M.O.R.C aux USA en temps voulu. Mais découvrons ce mystérieux hôte, au travers de la partie le concernant, dans le récit même de Spencer Lewis :

« C’est un vieil édifice pittoresque en pierre, avec une grande cour, dont tous les sols et les escaliers sont en pierre. En venant en ce lieu, je découvris que l’homme vers qui j’avais été dirigé y vivait. Son nom correct est Raynaud E. de Bellcastle-Ligne.

Je constatai qu’il ne prenait pas simplement soin des lieux, mais qu’il avait pour eux un intérêt personnel. Avec lui vivaient sa femme et sa fille. Les pièces qu’ils habitaient n’occupaient qu’une petite partie du vieil édifice et à l’étage supérieur, on me montra ce qui restait d’une ancienne salle de Loge Rosicrucienne, devenue poussiéreuse et sentant le moisi, qui n’avait pas été utilisée depuis plus de soixante ans, bien que jusqu’en 1890 elle avait été souvent visitée par des maçons Français et d’autres qui en avaient connaissance.

Ce vieil homme alors dans sa soixante-dix-huitième année, était le fils du dernier maître qui ait dirigé une Loge Rosicrucienne dans cette localité et il ne savait pas avec certitude si son père avait jamais dirigé ou non une autre Loge dans un autre local, mais il avait été engagé par les propriétaires du château de l’époque afin de surveiller la propriété au cours des vingt années passées et les maçons français qui proclamaient alors s’intéresser aux pouvoirs rosicruciens, lui confièrent (à lui, l’un de leurs anciens frères), la tâche de conserver intactes les salles de loge (dans quel but et pour quelle raison, nous ne l’avons pas su, puisqu’il n’y eut pas d’effort de fait pour empêcher la pluie et les éléments d’endommager rapidement les murs et leur contenu).

J’avais emmené avec moi, pour cette visite ou château, un jeune français interprète qui m’avait été procuré par une école de langues de Toulouse, laquelle était, je crois, une filiale de notre propre école Berlitz américaine de langues. II parlait suffisamment l’anglais pour me permettre de trouver le château, et me fit faire connaissance avec les vieilles personnes qui y demeuraient. Mais le vieux frère parlait mieux l’anglais que l’interprète et j’en fut ravi. II avait été secrétaire d’un certain ministre étranger, diplomate ou légat à Paris, au cours des années 1860 à 1871. Par conséquent, pendant tout le temps de ma conversation avec le vieil homme, mon interprète resta assis au centre de la cour, à boire du vin de la propriété et ne se souciant que de la détente et du plaisir que lui apportait cette visite.

Bellcastel-Ligne et sa famille avaient, outre celui de Comte, d’autres titres royaux et, malgré son âge et des conditions financières réduites, il gardait un port martial, superbe, plein de noblesse et de dignité, mais, de plus sa femme et sa fille et lui-même me firent profiter de cette hospitalité et de cette extrême courtoisie d’accueil qui donnent l’impression que les jours du Languedoc ensoleillé n’ont pas perdu leur pouvoir ni leur charme. J’ai donné ces détails sur ce lieu et mon hôte, car j’ai appris que depuis il est décédé, et sa femme aussi je crois. Quant à sa fille, qui était veuve, elle se consacra à une œuvre de temps de guerre et quitta les alentours de Toulouse. »



Voilà donc, de la part d’H.S.L , les seules informations dont nous disposons pour aborder ce sujet ; qui était donc ce Comte de Bellcastle-Ligne ?
"Ce que tu penses tu le deviens. Ce que tu ressens, tu l'attires. Ce que tu imagines, tu le crées."
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L'énigme Bellcastle-Ligne 4 years 1 month ago #4910

ÉPISODE 2

Pour tenter d’y voir plus clair, commençons par les questions essentielles :

Hypothèse 1, le récit de Lewis est totalement imaginaire.

Hypothèse 2, le récit est véridique quant aux événements, lieux et personnes rencontrés, mais certaines vérités sont probablement modifiées pour des raisons spécifiques.

Concernant la première hypothèse, un certain nombre d’éléments infirment celle-ci. En effet, Lewis père et fils doivent bien avoir traversé l’Atlantique sur le paquebot Amerika, quittant New-York le 24 juillet 1909 pour débarquer à Cherbourg le 1er août. L’information de ce départ est donnée par Lewis lui-même dans son récit « A Pilgrim’s Journey To the East », page 12, même si celui-ci écrit le nom du navire avec un c au lieu d’un k… L’Amerika était bien en partance pour Hambourg ce jour-là, comme le confirme la publication des horaires de départs des navires dans la page 12 du journal « New-York Daly tribune ».



Quoi qu’il en soit, ils seront de retour à New-York le 9 septembre 1909, après avoir fait la traversée sur le S.S. Adriatic. Celui-ci avait quitté Southampton le 1er septembre, fait une courte escale à Cherbourg et mit ensuite le cap sur New-York. Ce retour est confirmé par les noms de Lewis père et fils, aux numéros 26 et 27 du registre d’embarquement.



Les deux hommes sont donc bien allés en Europe cet été-là, ce qui met un terme définitif aux doutes relatifs à ce séjour en France de Spencer Lewis durant l’été 1909. Nous retiendrons donc la seconde hypothèse.

Un autre élément de confirmation nous vient de la longue introduction à la réédition de l’ouvrage « Camille Savoire et les Temples de la Franc-maçonnerie », de Jean-Marc Vivenza. Celui-ci nous donne les informations suivantes, en note numéro 32 :

" Harvey Spencer Lewis, lors d'un premier voyage en France en 1909, avait pris contact avec le responsable de la Librairie du magnétisme à Paris, Henri Durville (1887-1963), qui lui proposa de traverser l'Atlantique pour rencontrer un professeur de langues capable de l'instruire à propos de la Rose-Croix. Lewis, arrivant à Cherbourg le 1er août 1909, se rendit à la Librairie du merveilleux à Paris fondée par Lucien Chamuel, acquise ensuite par Pierre Dujols (1862-1926), lieu où se croisait à l'époque tout le monde de l'occultisme. Il fut ensuite dirigé vers Toulouse, où il est reçu, selon lui, le 12 août, à l'intérieur d'un mystérieux château possédant une vieille tour appartenant au comte de Bellcastle-Ligne, dans l'Ordre de la Rose+Croix. Ainsi à son retour aux États-Unis, se disant missionné pour implanter la Fraternité outre Atlantique, Lewis fonde l'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix, qui ouvrit d'ailleurs un temple dans la 7ème avenue, décoré par Lewis lui-même qui réalisa, pour l'occasion, une fresque inspirée par l'Égypte des pharaons."

La première semaine à Paris étant consacrée par les Lewis à des affaires autres, ce n’est que le samedi 7, puis le lundi 9 août à midi, qu’HSL rencontrera son contact, qui est dit « être un homme de quarante-cinq ans, parlant parfaitement bien l’anglais (mais aussi professeur de langues, tel que décrit par Henri Durville dans son courrier à Lewis). » C’est lors de cette seconde rencontre que son contact lui recommandera de se rendre dans le sud de la France. Dans son récit de voyage, Spencer Lewis nous donne également ces renseignements complémentaires intéressants : « Je rendis visite au professeur un beau matin et découvris qu’il était le propriétaire d’une boutique qui ne proposait comme marchandise que de rares et superbes eaux-fortes et photographies de « monuments français ». Et plus loin : « Il me fit entrer dans un petit bureau qu’il avait aménagé par une simple cloison à l’arrière de la boutique. En m’enfonçant dans le magasin je notai que les murs étaient couverts du sol au plafond de vitrines d’acajou où étaient accrochées de splendides eaux -fortes, des photographies magnifiques, et une ou deux aquarelles. Il y avait encore d’autres cabinets, à tiroirs, dans lesquels j’appris plus tard d’autres gravures étaient rangées selon la région qu’elles concernaient. Je ne me souviens que d’un seul autre magasin du même genre, spécialisé comme celui-ci dans une unique forme d’expression. »


Fraternellement
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L'énigme Bellcastle-Ligne 4 years 1 month ago #4911

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L'énigme Bellcastle-Ligne 4 years 1 month ago #4912

Pour le moment, Spencer Lewis est à Paris...
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L'énigme Bellcastle-Ligne 4 years 1 month ago #4913

ÉPISODE 3

Voyons donc ce que nous pouvoir savoir sur ces trois hommes :

Henri Durville, 1888-1963, était le fils aîné des trois garçons de l’occultiste bien connu, Hector Durville. Il enseigna et pratiqua le magnétisme sur les malades et démontra la différence entre le magnétisme animal et l’hypnotisme, au sein de son école de recherche ou il professait ce qu’il nommait « les principes de physique dynamique ». Il édita ses ouvrages au numéro 36 de l’Avenue Mozart (dans le 16e), mais eu également deux adresses précédentes ; l’une au numéro 23 de la rue Saint Merri (dans le 4e), l’autre au numéro 25 du Quai des Grands Augustins (dans le 6e). L’intérêt du personnage – mais HSL le savait-il en communiquant avec lui par courrier ? – tient en fait que son père, Hector, avait succédé en 1878 à la direction du « Journal du Magnétisme » fondé par le Baron Jules du Potet en 1845. Quinze ans plus tard, Hector Durville fondait à Paris son « École pratique de Massage et de Magnétisme », dont… une filiale fut ouverte à Lyon, dirigée par le célèbre thaumaturge Philippe de Lyon. La plupart des rosicruciens Lewisiens et des martinistes connaissent bien celui que l’on nommait avec affection et respect « Monsieur Philippe », ou « Maître Philippe », selon les tendances relationnelles. C’est autour de lui que graviteront toute une kyrielle d’initiés, dont Papus, Sédir, Marc Haven (qui deviendra son gendre), Phaneg, etc. qui étaient rosicruciens, martinistes ou francs-maçons. Donc, Spencer Lewis contactant, puis rencontrant Henri Durville ; si ce choix fut fait au hasard, c’est un précieux hasard, d’autant plus que Lewis dira n’avoir connu le nom et les activités de Papus que bien des années plus tard.

Henri Durville

Lucien Chamuel, de son vrai nom, Lucien Mauchel (1867- 1936), avait fondé en 1887 avec Papus « La Librairie du Merveilleux », sise 29 Rue de Trévise, à Paris, dans le 9e arrondissement. Ce lieu, dès 1890, servira du support aux activités du « Groupe Indépendant d’Études Ésotérique ». Puis de 1894 à 1898 cette librairie s’installera Rue de Savoie ; dans le 6e arrondissement. Les locaux, salle de conférence et librairie, devinrent rapidement le lieu de rendez-vous de bien des rencontres à caractère ésotérique et hermétique. C’est en son sein que furent édités les premiers livres de Sédir. Parmi les habitués du lieu, l’on pouvait y apercevoir Joséphin Péladan, Stanislas de Guaita, Jean Chaboseau, Paul Sedir (Yvon Le Loup), Marc Haven (le Docteur. Lalande), Albert Faucheux (Charles Barlet), le Colonel de Rochas, Albert Poisson, Georges Polti, Abel Haatan (Abel Thomas), Émile Gary dit Gary de Lacroze, Paul Adam, etc.

Lucien Chamuel

Chamuel lui-même était occultiste, rosicrucien et martiniste. En 1891, à la création du premier Conseil de l’Ordre Martiniste, il fut élu comme membre du Conseil Suprême. Tout comme Émile Michelet, Chamuel avait été martiniste dès les premières heures. En 1888, avec Papus, il avait fondé le mensuel « L’Initiation », qui devint ultérieurement la revue officielle de l’Ordre Martiniste. Lucien Chamuel était également membre de l'Ordre de la Rose Croix kabbalistique, fondée en 1888 par le marquis Stanislas de Guaita ; il en devint d’ailleurs le Grand Maître en 1920. En 1893, il avait reçu du Baron Spedalieri, un millier de lettres originales écrites par Éliphas Levi ; celles-ci formaient à elles seules tout un cours de kabbale ! Sédir, qui avait longuement fréquenté Chamuel, disait de lui que c’était une personnalité fort calme et chaleureuse. Il aidait ses amis et les personnes intéressées, tout comme il se donnait en paroles et en actes aux jeunes chercheurs de vérité.


Fraternellement
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L'énigme Bellcastle-Ligne 4 years 1 month ago #4915

ÉPISODE 4


Pierre Dujols, 1862-1926) était un alchimiste opératif, ami de Paul Decoeur(1), lui aussi alchimiste. Spécialisé dans l’ésotérisme, il avait acheté la « Librairie du Merveilleux » de la Rue de Trévise, à Chamuel en 1901, puis s’était déplacé ensuite au 76 rue de Rennes, dans le 6e arrondissement, en… 1909 ! A son ouverture, rue de Rennes, il la dirige avec son associé, Alexandre Thomas, puis seul ensuite, éditant et rééditant divers ouvrages et publiant un « catalogue périodique d'ouvrages anciens et modernes, neufs ou d'occasion », dont le premier est celui de l’année 1909, très probablement édité en début d’année. Dans son entourage et parfois à sa table, seront Julien Champagne, Emma Calvé, l'abbé Mugnier, l'alchimiste L. Faugeron, René Guénon, etc.



Pierre Dujols

Un élément important dans notre recherche nous manque ; qui fut le « professeur de langues capable de l'instruire à propos de la Rose-Croix » dont Henri Durville avait promis la disponibilité à Lewis ? Comme nous savons que c’est après sa visite à la « Librairie du Merveilleux », que celui-ci fut orienté vers Toulouse, il est donc crédible que c’est bien en ce lieu que la rencontre se déroula entre les deux hommes. Comme nous l’avons vu plus haut, la librairie était alors dirigée par Pierre Dujols, qui avait quarante-sept ans cette année-là (nous savons qu’Alexandre Thomas est décédé en 1914, mais nous ignorons sa date de naissance…). Ces deux personnes « trempaient » dans l’ésotérisme, comme énormément de ceux qui fréquentaient autrefois cette même librairie. Alexandre Thomas publiait d’ailleurs dès cette année 1909, la revue "la Gnose", qu’il avait créée avec René Guénon (Palingénius).


Alexandre Thomas(2), prénommé réellement Albéric-Alexandre, aussi connu sous le pseudonyme de Tau Marnès, était un martiniste et un franc-maçon de la Loge « Arc-en-Ciel » de Memphis-Misraïm, dont il fut le Secrétaire, atelier de la Grande Loge Misraïmite, sise au 42 Rue de Rochechouart. Bien des membres de cette Grande Loge sont des noms connus de l’ésotérisme ou de la vie publique, tels que Paul Chacornac, Oswald Wirth, Ferdinand de Lesseps (initié dans les hauts grades de la Franc-Maçonnerie Égyptienne et dans une société secrète Égyptienne appelée « les Frères d'Héliopolis »), Sédir, René Guénon, etc. Son propre frère, Abel, en étant d’ailleurs le Vénérable, puis le Grand Maître de l’Obédience. Cet Atelier travaillera jusqu’en 1925.

Il est impossible de confirmer que ce soit sous l’influence des frères Thomas, qu’H.S.L fut orienté vers le sud de la France et Toulouse, mais quelque chose pourrait nous faire songer qu’ils durent y participer d’une certaine façon. En effet, en 1909 ils furent de ceux à l’origine de la création de « l’Ordre du Temple Rénové (OTR) », dont René Guenon avait été pressenti par les Martinistes pour en devenir le « Souverain Grand Commandeur », invitation qu’il acceptera. Mais, le ciel sous lequel devait naître cet Ordre devint subitement orageux, lorsque Teder et Papus, pour des raisons top longues à indiquer ici, les radièrent de l’Ordre Martiniste et de toutes ses loges affiliées, les isolant par ce fait de tout ce que comptait de groupes occultistes dans Paris. Guénon finira d’ailleurs par dissoudre l’OTR en 1911.

La réponse ne se fit pas attendre du côté des frères Thomas, puisqu’ils firent pression, avec succès, pour que soit rejetée la candidature de Papus à Memphis-Misraïm. On peut donc logiquement se demander si, envers Papus, une certaine animosité des frères Thomas, ainsi que leurs intimes sur le plan initiatique – et donc peut-être le contact de Lewis –, ne les poussèrent pas à détourner ce dernier de la Rose-Croix parisienne alors sous l’influence de Papus.

Fraternellement


Notes

(1) Les recherches les plus récentes sur les travaux de Paul Decoeur, ami intime de Pierre Curie, amènent à le considérer comme étant… Fulcanelli. Pourtant, un élément reste étrange ; il s’agit d’un écrit de l’un des élèves de Fulcanelli, Coton Alvart, affirmant ceci : « Je ne comprends pas la publication des livres de Fulcanelli, en effet mon ami Pierre Dujols m’avait fait lire ses manuscrits et les a passés à quelqu’un d’autre qui les a publiés sous le nom de Fulcanelli… ». Serait-ce à dire que Pierre Dujols en serait l’auteur et donc lui-même… Fulcanelli ? A moins que ces manuscrits lui aient été transmis par Paul Decoeur ? La question reste ouverte.

(2) Alexandre Thomas est également connu pour avoir été le « Chevalier a la rose croissante ». Sous ce pseudonyme, il écrivit une courte notice reproduite in-extenso dans la Revue Maçonnique de décembre 1898, ainsi que dans le Mercure de France, en préface au Traité de la Réintégration des Êtres de Martines de Pasqually, puis une seconde, dans l’ouvrage de Von Baader intitulé « Les Enseignements secrets de Martines de Pasqually », ayant pour titre « Notice historique sur le Martinésisme et le Martinisme ». Le passage suivant, extrait d’une lettre écrite à une personne qu’il nomme « T.·. C.·. F.·. Limousin », reflète tout à fait son sentiment à l’égard de Papus : « Il suffit de parcourir cette première notice pour voir qu'elle contient la « substantifique moëlle » de la seconde, à savoir que le théosophe Saint Martin (1771-1803), à qui on a attribué beaucoup trop de choses, n'a jamais fondé aucun Ordre initiatique ni succédé à personne à la tête d'un Ordre initiatique, et n'a jamais établi aucune Loge ni aucune initiation individuelle en France où à l'étranger. C'est en vain que M. Papus a publié en 1899 sa brochure intitulée Martinésisme, Willermosisme, Martinisme et Franc-Maçonnerie. Il n'a rien réfuté du tout, en dépit des citations et des documents mis en œuvre pour faire illusion aux lecteurs. Pouvait-il en être autrement ? Il n'y a jamais eu de Martinésisme mais un Ordre des Chevaliers Maçons Elus-Cohens. Il n'y a jamais eu de Willermosisme mais un Régime Ecossais rectifié dont l'histoire est très connue. Il n'y a jamais eu de Martinisme issu de Saint-Martin, mais plutôt un Papusisme imaginé par Papus, et que ce dernier ne commença à lancer sous le nom de Martinisme qu'en 1889. C'est pour compléter cette démonstration esquissée en 1898 que j'écrivis à la fin de 1899 la seconde Notice dont vous parlez. Les pages en furent rédigées très rapidement et imprimées au fur et à mesure, ce qui explique la structure défectueuse de l'ensemble. Il manque de nombreuses notes, et le besoin de sous-titres se fait sentir. Mais en dépit de ces imperfections, cette notice, simple canevas d'un ouvrage que je prépare depuis plusieurs années, fut un engin assez meurtrier pour le Papusisme. »
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