Bienvenue, Invité
Nom d'utilisateur : Mot de passe : Se souvenir de moi

SUJET : Hans Grüter, 1874-1953

Hans Grüter, 1874-1953 1 an 5 mois ago #3996

  • Alnitak
  • Portrait de Alnitak
  • Online
  • Moderateur
  • Messages : 276
  • Remerciements reçus 871
In memoriam


Photo datée de mars 1933 envoyée à HS Lewis et publiée dans le Rosicrucian Digest en mai 1933

Le 20 octobre 1953, il y aura tout juste 62 ans dans 3 jours, disparaissait celui qui fut le premier Grand Maître pour la France de l’Ordre Rosicrucien fondé par Harvey S. Lewis : Hans Grüter.

Il y a peu de sources permettant de retracer la vie et l’œuvre mystiques et culturelles de ce personnage qui joua un rôle considérable non seulement dans la FUDOSI à laquelle son nom est étroitement lié, mais et surtout dans la réémergence en France d’un nouveau rosicrucianisme.

Aujourd’hui presque oublié, voire volontairement effacé des mémoires rosicruciennes, il paraît essentiel de rappeler aujourd’hui qui il était et ce qu’il apporta au rosicrucianisme et au mysticisme.

Les informations portant sur la vie tant « profane » que spirituelle de Hans Grüter nous sont apportées d’une part par H. Jaccottet qui a retracé sa biographie dans un article publié en deux parties dans la revue Rose-Croix [1] ou d’autre part puisées dans les comptes-rendus (plans parfaits) des travaux de la FUDOSI. Les quelques auteurs à avoir cité ou évoqué Hans Grüter tirent l’essentiel de leurs sources de ces rares documents.

C’est à ces textes et à ces auteurs que j’emprunterai, moi aussi, une partie de cet « in memoriam » avec le but avoué de compiler en une seule fois l’ensemble de nos maigres connaissances sur ce personnage au nom si connu et pourtant à la personnalité si énigmatique.

Médecin et chercheur.


Hans Grüter naquit à Ruswil, dans le canton de Lucerne en Suisse, le 14 juin 1874. Issu d’une famille catholique paysanne, il quitte j'école de son village natal pour poursuivre ses études au Gymnase [2] de Zurich. Il fait ensuite l’apprentissage de la technique dentaire. Pour financer ses études il fait des travaux d’écritures pour le secrétariat des indigents.

Un cabinet de Sens, dans l’Yonne, l’accueillera quelque temps comme mécanicien-opérateur avant de le voir partir se perfectionner aux États-Unis. Il s’inscrit à la Faculté dentaire de l’Université de Pennsylvanie et obtient, en 1898, le diplôme de Docteur en Chirurgie-Dentaire.

Il rentre en Suisse la même année et exerce son art comme assistant à Locarno. On lui confie le soin des enfants de l'Institut des sourds et muets. Il tient à cœur de se faire comprendre d'eux, et se donne la peine de changer sa manière de parler en s’appliquant à prononcer chaque mot distinctement et lentement.

Il reste dans le Tessin jusqu’en 1909 puis s’inscrit à l’École de Médecine de Paris afin de parfaire ses études et où, après deux ans, il passe avec succès ses examens de chirurgien-dentiste. En 1912, le Docteur Hans Grüter s’établit place Masséna à Nice et ouvre un cabinet dentaire qu’il tiendra pendant 33 ans.

Il se rendra utile pendant la guerre 14-18 en se mettant gracieusement à la disposition des familles nécessiteuses ou des militaires malades ou blessés.

Passionné de radiesthésie médicale, il poursuivit de nombreuses recherches qui resteront pourtant confidentielles. Il publie notamment un livre en 1939 – qui se voulait un premier tome : « Les merveilles des ondes pendulaires... des chiffres arabes », préface de M. L. Turenne. Ce livre reçut un accueil assez froid, y compris de la part de l’AMORC à qui il l’avait présenté et qui ne l’en a pas félicité, il en éprouvera une grande déception [3] .

Ce n’est pas l’avis de Jean Mallinger qui publie en 1976 un article détaillé intitulé « La clé du magnétisme scientifique » dans la « Revue du Magnétisme » et dont j’extrais ces quelques lignes :

« Théories et expérimentations du Dr Hans Grüter. »

« Cet excellent homme avait un profond amour de la Science et il s’était longtemps adonné à une étude approfondie des pouvoirs psychiques de certains êtres humains.

J’ai eu l’honneur et le plaisir de le compter parmi mes amis et c’est ainsi que j’ai pu, notamment en 1934 et 1939 participer à des recherches qu’il avait entreprises sur la base scientifique de certains phénomènes de parapsychologie.

Ce savant universitaire estimait que tout est radiation, vibration, nombre. Selon lui, l’étude des conditions requises pour obtenir en électricité un courant d’induction devait amener le magnétiseur des temps modernes à penser qu’il y avait dans la Nature deux énergies égales et contraires, décelables chacune par un champ de force
».

Après un long développement pratique, Jean Mallinger conclut son article par cette phrase :

« Puissent nos amis étudier systématiquement et courageusement ces éléments – je suis persuadé qu’ils enrichiront à la fois leur science personnelle et leur efficience pour le bien de l’Humanité.[4] »

Après la guerre, en 1947, il publie deux monographies : « La Sainte Sindone de Turin » qui décrit l’analyse biologique faite sur le linceul de Turin, et le « Mystère de Thérèse Neumann de Konnersreuth éclairci » qui se veut l’explication par la radiesthésie des crises périodiques faisant apparaître les stigmates saignants de Thérèse Neumann.

Il construit plusieurs appareils de son invention : le biométroscope servant à mesurer les ondes humaines (avec degrés « grüter ») puis le bioradiateur, régulateur des ondes humaines), et un dispositif enregistrant les ondes humaines captées.

Après la guerre, en août 1945, sa santé devenant précaire, il demande au gouvernement français de bien vouloir autoriser son rapatriement définitif en Suisse [5].Il retournera alors dans le canton du Tessin, à Locarno passer sa retraite.

Il subira une lourde opération en 1946 et dira quelques temps plus tard :

« Pendant les longues nuits je méditais souvent sur le passé lointain et ma pensée se fixait sur le grand portique de l'Oracle de Delphes où figurait l’inscription : « Gnôthi seauthon » connais-toi toi-même (j'y ajoute « par toi-même »). Ce précepte m'a déjà fait réfléchir dans ma jeunesse et me préoccupe encore à l'heure actuelle. Par lui, j'ai vraiment compris ce qu'est l'homme : une simple prison de notre âme, qui ne vit uniquement et réellement que dans l'au-delà, sa vraie patrie ; elle s’évade de notre corps dans les sphères supérieures pendant le sommeil. L'homme est en vérité une âme vivante qu'aucun chirurgien n'a eu l’occasion de trouver sous son bistouri, parce qu’élément spirituel et par conséquent insaisissable. »

Il dira aussi :

« Connaissant toutes les grandes Religions, je suit très tolérant et admets toutes les opinions religieuses, pourvu qu’elles soient pratiquées avec sincérité. Dieu est unique et absolu. Il est indivisible ; on ne peut rien y ajouter et rien en enlever, autrement Il ne serait pas absolu. Il est le Grand Architecte de l'Univers et tous les humains sont ses enfants [6]».

En quittant l'hôpital il fait un vœu :

« Si le Suprême m'a accordé un prolongement de mon existence, ce que je considère comme un grand cadeau, je Lui prouverai ma gratitude en me conduisant en chrétien dévoué, comme par le passé, en faisant du bien à l'humanité. » [7]

Une vie mystique bien remplie

Sa vie occulte est bien moins connue, on peut néanmoins en écrire quelques mots.

« D’un idéal très élevé, il sera pour beaucoup une inspiration, un exemple à suivre. Ce sera donc en servant les individus que son œuvre de régénérateur et de réformateur s'affirmera [8]. »

Sa vie spirituelle et mystique ne débute pas avec l’AMORC, il sera tout d’abord franc-maçon à Memphis-Misraïm et Supérieur-Inconnu dans l'Ordre Martiniste de Bricaud.

C’est d’ailleurs dans le milieu maçonnique que Harvey Spencer Lewis recrutera souvent ses dignitaires.

Il adhère à l’AMORC de Spencer Lewis en mai 1930, grâce à son ami Clément Lebrun qui était membre depuis peu (ce dernier quittera Nice en 1933, pour succéder à Charles Dana Dean, Grand-Maître pour les Etats-Unis).

A la mort de Charles Levy Grand-secrétaire de l’AMORC du Nord (France), il est nommé, en mars 1931, Grand-Maître pour la France. Ce sera le début d’une fructueuse association avec Jeanne Guesdon nommée dans le même temps Grand Secrétaire et avec qui il formera une équipe efficace, posant des fondations solides permettant l’implantation du rosicrucianisme lewisien en France.

« Admis dans la franc-maçonnerie niçoise, il préside à Nice un chapitre du rite écossais ancien et accepté, et reçoit le 26 juin 1932, de Jean Bricaud, le 95e degré dans la franc-maçonnerie égyptienne de Memphis-Misraïm. ».[9]

Devenu Vénérable Maître du chapitre Philantropie Ecossaise Internationale Sub Rosa de Nice, il quitte, en 1933, avec Georges Lagrèze, les structures de Jean Bricaud pour rejoindre le grand projet élaboré par Armand Rombauts, la création d’un Suprême Conseil International de l’Ordre Maçonnique Oriental de Memphis et Misraïm (ou Suprême Conseil International du Rite Ancien et Primitif de Memphis et Misraïm).[10]

Il fera parvenir à Harvey Spencer Lewis, datée de mars 1933, la photo ci-dessus annotée de sa main : « Au très hautement respecté Imperator de l’AMORC, Dr H. Spencer Lewis comme un gage de sympathie de la part du Grand Maître de l’AMORC pour la France ». [11]

L’année 1934 sera un tournant dans la vie mystique de Hans Grüter puisqu’il participera à la fondation de la toute nouvelle FUDOSI (Fédération Universelle des Ordres et Sociétés initiatiques) où il siégera en tant que Grand Maître de l'AMORC pour la France et délégué de plusieurs Ordres Initiatiques. Il participe au Convent de Memphis-Misraïm du 8 au 14 août représentant l’Ordre Maçonnique Oriental du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm. Le 10 août, le convent ratifie l’octroi de la charte autorisant Georges Lagrèze à établir un Souverain Sanctuaire pour la France et la Suisse, l’établissant comme Souverain Grand-Maître. Son Substitut Grand-Maître sera Hans Grüter 33° 90° 97°.

Il démissionnera rapidement de sa charge de Substitut Grand-Maître après l’exclusion de Memphis-Misraïm de la F.U.D.O.S.I., en 1935.

Des liens très forts et respectueux se tisseront avec Emile Dantinne, Sâr Hiéronymus, qu’il appellera, dans une lettre à Léon Lelarge datée du 21 juillet 1935, « notre Grand Chef » :

« Il y a déjà un peu de temps que j'avais reçu une charmante lettre du Sâr Hiéronymus pour lequel j'ai une grande vénération. [...] Je profite donc de l'occasion de vous inclure une pl.: pour notre Grand Chef qui observe si scrupuleusement son incognito... »[12]

Il sera aussi présent lors du Convent de 1937 où il assistera en compagnie d’Edouard Bertholet, l’Imperator Sâr P. Yésir (Victor Blanchard) pour l’ouverture des travaux. Il donnera à l’assistance le fruit de ses recherches sur le symbole de la FUDOSI proposé par Harvey Spencer Lewis en 1934. En voici le compte-rendu[13] :

«PLAN PARFAIT DES TRAVAUX CONFIDENTIELS DU CONVENT SECRET INTERNATIONAL DE LA FUDOSI DES 28 ET 29 AOÛT 1937, EN LA VALLÉE DE PARIS, France

« A 16 heures, le frère Sar Yésir, Impérator, ouvrait une séance martiniste extraordinaire, dans le Temple des Polaires. Après avoir salué avec émotion la présence de frères de plusieurs pays à cette séance hautement initiatique, il donne la parole au frère Sar Iohannès (Dr Grüter) qui donne au Convent la primeur d'une grande découverte qu'il vient de faire. Après avoir pendant plus d'un an soumis l'insigne de la FUDOSI a un examen scientifique détaillé, il a découvert que la rotation de cet insigne donne, selon les vitesses de rotation, divers symboles et projette diverses couleurs du plus vif intérêt, Il en a en plus étudié les diverses polarités au moyen du pendule radiesthésique et il résulte de son infatigable et originale recherche que cet emblème merveilleux recèle des qualités et des trésors insoupçonnés encore de ceux qui l'emploient. »[14]

Sceau de la F.U.D.O.S.I.

A partir de novembre 1941, toute mention d'une Grande Loge française de l'AMORC disparait du Rosicrucian Digest. Les noms de Hans Grüter et de Jeanne Guesdon seront tus. La guerre en cours en Europe explique cette discrétion vitale, l’adresse personnelle de Jeanne y était notée en toute lettre. La notification concernant la branche française ne réapparaîtra qu’avec le numéro d’août/septembre 1945, avec le seul nom de Jeanne Guesdon.

Après la guerre, – tout comme la Juridiction Suisse de Bertholet dont l’information de l’existence disparaîtra en avril 1950 – et vraisemblablement en opposition avec la démarche nouvelle de l’AMORC de Ralph Maxwell Lewis, Hans Grüter – « sa culture le portait davantage sur le secret plutôt que le discret, comme l'on affirme maintenant (à juste titre)»[15] –, se mettra en retrait de l’Ordre Rosicrucien prenant ses distances avec Ralph et laissera à Jeanne Guesdon le soin de perpétuer en France la philosophie rosicrucienne de Harvey Spencer Lewis.

Il contribuera finalement en 1951 au Convent de dissolution de la FUDOSI.

Malgré son absence de participation active au fonctionnement de l’Ordre, jamais Ralph Lewis n'osera retirer ses prérogatives à Hans Grüter. Il attendra quelques mois après son décès pour nommer à ce poste un nouveau Grand maître, Jeanne Guesdon. Pourtant, les jours de la philosophie rosicrucienne issue du travail de Harvey Spencer Lewis étaient comptés.

« Il fut question, après la mort de Jeanne, le 29 mars 1955, que Pierre Mariel recueille sa succession. » – Mais Pierre Mariel était lui aussi de l’école Harvey Spencer Lewis –. « Cependant l’Imperator lui préféra Raymond Bernard. » [16]

Ainsi, le mysticisme rosicrucien en France, tel que propagé et défendu par l’ancienne école rosicrucienne, qui fut représentée encore en 1946 et 1951 à la FUDOSI par Hans Grüter, sera transformé en profondeur, perdant définitivement l’essence qui présida à sa résurgence.

Hans Grüter est décédé le mardi 20 octobre 1953 dans sa 79ème année, laissant la trace d’un homme, érudit, spiritualiste éminent, beau caractère et haute moralité. Il saura toujours encourager, stimuler, réconforter. Figure très attachante, il donne à son entourage une impression indéfinissable, occulte, quelque chose d'oriental, disons le vrai mot : celle d'un grand mystique. [17]

Mardi prochain, ayons en sa mémoire une pensée affectueuse et respectueuse pour le travail accompli.

Fraternellement,
Guy

___________________________

[1] "Le Dr. Hans GRUTER, Grand Maître Rosicrucien", par H. JACCOTTET, revue Rose-Croix, numéros de juin et septembre 1961.
[2] Gymnase, Gymnasium : École préparatoire à la carrière scientifique
[3] H. JACCOTTET, op.cité
[4] Jean MALLINGER : Revue du Magnétisme » n°12, nov.-déc. 1976 p.550 à 555
[5] , [6] , [7] et [8] H. JACCOTTET, op.cité
[9] Serge CAILLET in « Les marges du christianisme » p.117
[10] Jacques COURTOIS : rflexionssurtroispoints.blogspot.fr/2010...es-passees-hans.html
[11] Rosicrucian Digest, mai 1933
[12] Serge CAILLET : Sar Hiéronymus et la FUDOSI, cariscript 1986 p.50
[13] Serge CAILLET : Sar Hiéronymus et la FUDOSI, cariscript 1986 p.24
[14] Serge CAILLET : Sar Hiéronymus et la FUDOSI, cariscript 1986 p.28
[15] Jacques COURTOIS : rflexionssurtroispoints.blogspot.fr/2010...es-passees-hans.html
[16] Gérard GALTIER, Maçonnerie Egyptienne, Paris, Ed. du Rocher, 1994 p.399
[17] H. JACCOTTET, op.cité
Simplicitas Veritatis sigillum
L'administrateur a désactivé l'accès en écriture pour le public.
Cet utilisateur a été remercié pour son message par: roland, Ariel, Christian de saint François, Virant de la Roche, Ledgend, Frater N.

Hans Grüter, 1874-1953 1 an 5 mois ago #3997

Bonjour Guy,

C'est un pur bonheur que de lire cette longue rétrospective concernant la vie d'Hans Grütter. Merci à toi pour cette présentation si bien détaillée ! :)

Fraternellement du Québec, ou la première neige est tombée ce matin.

Philippe
"Ce que tu penses tu le deviens. Ce que tu ressens, tu l'attires. Ce que tu imagines, tu le crées."
L'administrateur a désactivé l'accès en écriture pour le public.
Cet utilisateur a été remercié pour son message par: Alnitak

Hans Grüter, 1874-1953 1 an 5 mois ago #3998

  • bistrotrc
  • Portrait de bistrotrc
  • Offline
  • Gold Boarder
  • Messages : 305
  • Remerciements reçus 412
Merci Guy pour le partage de ce travail intéressant.

Je me dois de signaler qu'avec raison tu n'as pas signalé une appartenance de Hans Grüter aux "Fils de l'Alliance" (B'nai B'rith, organisation maçonnique juive) alors que c'est souvent affirmé sur des sites qui ont tendance à se copier des informations les uns sur les autres sans rien vérifier tant matériellement que cosmiquement...

Issu d'une famille catholique paysanne Grüter n'avait pas ce profil!

Concernant le logo de la FUDOSI, j'ai lu qu'il s'agissait d'une création de Spencer Lewis qui avait été acceptée à l'unanimité au premier congrès.

Evidemment se pose pour les mystiques la question de la connexion radiesthésique de Grüter... La majorité des gens qui utilisent leur pendule se connectent psychiquement d'une manière inconsciente à une entité astrale qui les plombe en leur racontant ce qu'ils veulent bien entendre. Espérons que ce ne fut pas le cas de Grüter!

Bien fraternellement
Francis
L'administrateur a désactivé l'accès en écriture pour le public.
Cet utilisateur a été remercié pour son message par: Alnitak, Ledgend
Modérateurs: witiza, Alnitak
Copyright © 2017 S.E.T.I Cénacle de la Rose+Croix - Tous droits réservés