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SUJET : Mysticisme

Mysticisme 1 semaine 2 jours ago #5566

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Bonjour à tous,

Nous avons reçu, il y a déjà quelques semaines, un message nous informant que la notion de mysticisme était incomprise par certains, complètement détournée ou pire encore transformée en superstition voire en sorcellerie. Et que nos Communications permettraient en quelque sorte de devenir des "apprentis-sorciers".

Personnellement, je ne pourrais en dire que ce que j’en comprends et ce ne serait pas forcément le but recherché puisqu’il ne serait après tout que le reflet de ma propre compréhension.

Il me semble plus judicieux de faire appel à ceux qui font consensus et qui ont déjà abordé ce thème.

Posons le décor en reprenant la définition du dictionnaire : le Mysticisme est une doctrine religieuse selon laquelle l'homme peut entrer en communication directement avec Dieu.

C’est l’union mystique de Plotin.

Dans cette définition chaque mot à son importance : doctrine, religieux, homme, communication, directement et Dieu.

A partir de ce point les développements des différents auteurs prennent de multiples formes, et même se contredisent tout en conservant l’essence de la doctrine c’est-à-dire sa finalité. Certains vont en nier le caractère religieux, d’autres la notion même de doctrine, d’autres encore vont tellement intellectualiser que la notion sera complètement noyée et même polluée par des considérations et des développements étrangers.

Ralph Maxwell Lewis écrit dans Un Rose-Croix des temps Modernes : « Généralement le mysticisme, qu’il soit juif, islamique ou chrétien, contient également certains éléments fondamentaux. C’est par ces éléments qu’il se distingue de toutes les autres conceptions philosophiques ou religieuses. Nous pouvons résumer ces éléments en deux définitions générales : premièrement, le mysticisme est l’union du moi individuel avec Dieu ; deuxièmement, l’union mystique est une expérience intime acquise personnellement. »

En 1911 Evelyn Underhill publie un livre dont le sujet et le titre est le Mysticisme, le sous-titre à lui seul cerne sa conception de la doctrine : « Mysticism, a study in the nature and development of man's spiritual consciousness » (Le Mysticisme, une étude de la nature et du développement de la conscience spirituelle de l'homme).

Dans le Voile d’Isis d’août 1911, Ernest Bosc pose la question « Qu'est-ce que le Mysticisme ? »  et tente d’y répondre « C'est un état de haute extase, dans lequel l'âme s'abîme dans l'amour de Dieu. »

En 1917, dans Problems of mysticism and its symbolism, Herbert Silberer tente d’en donner une définition qui me paraît quand même un peu alambiquée : « La complexité incessante des accumulations de la vie a créé un grand principe d'expression de l'énergie qu'on appelle sublimation et dans le langage populaire représente l'effort spirituel de l'humanité vers le perfectionnement d'une relation avec le monde de la réalité - le milieu - qui signifie le bonheur humain dans son vrai sens. L'un des produits de cette inclination à la sublimation est le mysticisme. »

On découvre dans The Rosicrucian Digest de novembre 1933, un article de Frater E. H. Cassidy présenté comme «Une explication très lucide d’un sujet mal compris » on peut y lire : « Le plus important au sujet du mystique est que tout en respectant les révélations des autres, il n'est satisfait que lorsqu'il a gagné sa propre illumination. Les réalisations des autres sont importantes pour lui en tant que guides, mais il n'oublie jamais qu'elles ne sont qu'un moyen de parvenir à une fin. Elles lui montrent ce qu'il est possible de faire, elles lui suggèrent un plan d'action, mais elles ne le libèrent pas de la nécessité de l'effort et de la réalisation personnels. »

Rodman R. Clayson, nous livre à son tour un long article dans le même The Rosicrucian Digest en juillet 1948 « Le vrai mysticisme est préoccupé par le contact et la connaissance de Dieu. Rien ne saurait être plus révérencieux et édifiant. » « Le mysticisme soutient en outre que l'on devrait chercher le Dieu à l'intérieur - qu'il n'est pas juste de chercher Dieu en dehors de soi-même comme une Force ou un Être extérieur. Le mystique a recours à la méditation périodique, au cours de laquelle il s'efforce de se débarrasser de toutes les impressions impures ou du monde extérieur... » « Le vrai mystique sait toujours ce qu'il fait, et il n' y a pas de sensationnalisme - pas de rites, de lumières ou de sons étranges - associé à sa conduite. Même dans un métro bondé, avec les passagers tout autour de lui, le mystique peut s'accorder avec lui-même pendant quelques instants... Il n' a pas besoin de turban, de perles, de boule de cristal ou de fanfare »

Cecil Pool écrira quant à lui (Revue Rose+Croix de juin 1972): « Il n'est considéré ni comme une forme de la religion, ni un aspect de la philosophie, ni une science. Le mysticisme est unique en ce sens que la plupart des gens ne le rattachent à presque rien de ce qui fait partie de leurs expériences quotidiennes. Lorsqu'il arrive à un individu moyen de donner quelque attention au mysticisme, ce n'est que pour y penser en termes des temps médiévaux, quand prévalaient la sorcellerie, la magie et d'autres pratiques superstitieuses. Le mysticisme est le mot par lequel nous désignons cette recherche de l'homme pour rendre son être réel sensible au divin et prendre conscience de sa vraie relation avec le soi intérieur. Celui qui aspire donc au concept mystique arrive ainsi à pouvoir distinguer entre l'apparence et la réalité, entre le plan matériel et la cause de toutes. Manifestations de ce plan. Malheureusement, lorsque l'homme demeure attaché aux besoins physiques de son existence, il en arrive à les surévaluer et, dans bien des cas, il consacre ses efforts, son attention et même toute sa vie à la satisfaction des désirs physiques et à l'accumulation des biens matériels. Il perd ainsi de vue la nature de son être Intérieur, l'existence de son âme et le fait que c'est sa nature intérieure qui survivra au-delà de toutes limitations des choses matérielles. »

Jollivet-Castelot dans un numéro de Natura Mystica en 1920 en décrit deux : « On peut distinguer deux sortes principales de mysticisme : « le mysticisme naturaliste et le mysticisme théistique ou théologique. Le premier est, en principe indépendant d'une religion confessionnelle quelconque. »
« Tous les mysticismes se caractérisent par la conviction qu'ils manifestent de dépasser la Nature connue et de pénétrer dans un monde infini, supérieur, invisible aux yeux du corps, intangible aux sens extérieurs. Le mysticisme naturaliste s'attache donc à pénétrer jusque dans l'intérieur des choses, de la Nature, du Cosmos, par les lumières de l'âme cachée qui s élance plus haut et plus loin que la conscience normale incarnée dans le corps matériel, limitée par l'enveloppe et les sens physiques. »

Ce ne sont là que quelques exemples des nombreux écrits prétendants aborder et décrire ce qu’est le Mysticisme et on se rend facilement compte de la diversité d’opinions et de conceptions sur ce sujet apparemment pourtant si simple à appréhender. Ce sont les affirmations sans rapport avec le sujet, des digressions permettant d’introduire des cheminements de pensées aspirant leurs auteurs vers des dogmes plutôt que des doctrines, vers des supputations plutôt que des expérimentations personnelles, vers des imitations plutôt que des modèles qui font perdre de vue l’essence même du Mysticisme désorientant l’étudiant sincère qui ne sait plus où donner de la tête, arrivant même pour les plus crédules à la perdre.

Il faut donc revenir à l’essentiel, au cœur même de la doctrine et pour cela terminer ce panorama du Mysticisme en évoquant les enseignements sauvegardés par le SETI Cénacle de la Rose-Croix.

En tout premier lieu, je citerai un paragraphe tiré des toutes premières monographies adressées aux néophytes au tout début des années 50 : « le mystérieux en général n'ayant en réalité rien de commun avec le mysticisme proprement dit. Et cependant vous seriez peut-être tenté de sourire si nous vous disions que beaucoup de personnes, même parmi celles qu’on supposerait suffisamment éclairées, paraissent croire que l'étude du mysticisme est une étude de choses très mystérieuses et que, pour elles, la pratique du mysticisme et l'application de ses lois, équivaudrait à l’application de la magie aux problèmes journaliers. Ces personnes ignorent naturellement que la base de toute religion est le mysticisme et que dès l'instant où une personne commence à réfléchir à sa propre nature spirituelle, aux relations de l'esprit, du corps et de l'âme avec les lois et principes spirituels et Cosmiques, elle entre délibérément dans le domaine du mysticisme. » (Fascicule secret n°5).

Et en second lieu, cet extrait de la Communication préliminaire n°2 :

« Un premier point à souligner est de dire que le Mysticisme n'a rien de commun avec le mystérieux en général, même si ces deux mots ont une racine identique.

Certaines personnes associent la pratique de la magie au mysticisme. En réalité, dès qu'une personne réfléchit sur sa propre nature spirituelle, sur les relations qui existent entre l'Ame et le Corps, ou sur le moyen d'appréhender Dieu, elle emprunte la voie du Mysticisme.
Le mystique admet en fait la réalité d'un lien personnel et permanent avec son Créateur. 
»

En conclusion, nous pouvons faire le constat que quelque soit le développement de la pensée des auteurs cités, leurs digressions, traduits sous des formes diverses dans leurs écrits, on en revient toujours, une fois le texte débarrassé de ses scories et approximations, à cette simple définition admise par tous : Le Mysticisme est l’aspiration de l’homme à entrer en communication directement, sans intermédiaire ni artefact, avec Dieu.

Le reste n’est qu’emphase dans le meilleur des cas et superstition dans le pire.

Fraternellement,

Guy
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Dernière édition: 1 semaine 2 jours ago par Alnitak.
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Mysticisme 6 jours 21 heures ago #5568

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Merci à Guy pour ce travail de recherche. Je trouve qu'il est intéressant de poser côte à côte la première définition (celle du Larousse) et la dernière définition exposée (celle que Guy produit à partir de son analyse) :
- " Le Mysticisme est une doctrine religieuse selon laquelle l'homme peut entrer en communication directement avec Dieu "
- " Le Mysticisme est l’aspiration de l’homme à entrer en communication directement, sans intermédiaire ni artefact, avec Dieu "

La première insiste sur le fait qu'il s'agit d'une croyance (" il est possible de " vs. " il n'est pas possible de "), alors que la seconde met en avant qu'il s'agit d'une aspiration de l'Homme (qqc qui nous porte/pousse à/vers : on est en quelque sorte " aspiré "). Pour ma part, j'utiliserais volontiers le terme de " démarche " : 1) parce que s'il y a croyance, elle doit pouvoir se vérifier au moins pour nous (subjectivement), voire pour plusieurs d'entre nous (inter-subjectivement), si ce n'est pour tout le genre humain (objectivement), 2) parce que s'il y a aspiration (profonde) de l'Homme (pas seulement de quelque-uns), elle doit se traduire, tôt ou tard, par une mise en actes et non en rester à l'état de simple velléité (expérimentation et expérience directe et personnelle).

Cette démarche est pour moi " spirituelle " : il s'agit des choses de l'Esprit (évidemment, pas dans l'acception du rosicrucianisme lewissien...) plutôt que des choses de la Matière, ce qui ne suppose aucune façon particulière et dogmatique de les aborder et de les codifier, comme c'est le cas dans la plupart des religions, qui demande de croire ceci plutôt que cela (doctrine ou dogme). D'où d'ailleurs le choix que l'on pourrait faire, afin d'accueillir tout le monde, de parler du " Dieu de votre Cœur et de votre compréhension ", du Cosmique, du Ciel, etc. ou encore plus simplement du " Divin " (sous toutes ses formes et dans tous ses aspects). Il n'y a effectivement pas que le mysticisme chrétien à prendre en compte, s'il s'agit de définir le mysticisme tout court.

Le mot de " communication " retient mon attention, parce que je le trouve trop intellectuel et discursif pour être pleinement exact : il ne s'agit pas seulement pour moi d'une conversation ou d'un échange de sémaphores (perspective dualiste), mais d'une connexion qui nous immerge dans l'Un, où nous ne faisons plus qu'Un (perspective moniste), puisque nous sommes, selon une expression chrétienne classique, " en Sa Présence ". Guy insiste sur le fait que cette connexion est directe (" sans intermédiaire, ni artefact "), bref sans la médiation d'un autre être ou d'une autre chose. C'est au sens strict un pléonasme, mais vu qu'il s'agit sans doute de dissiper quelques malentendus quant à l'autorité supposée de certaines organisations (sur leurs " fidèles " ou sur leurs " ouailles ") ou encore quant à la nécessité de certaines pratiques, notamment magiques et théurgiques (" les apprentis-sorciers "), il était donc de bon aloi que de le rappeler ici.

Ma proposition de définition devient alors celle-ci : " Le Mysticisme est la démarche spirituelle par laquelle l'homme va entrer en connexion directe avec le Divin ". Il y a de nombreuses façon d'établir ce contact, de faire cette connexion et l'expérience qui en résulte est donc ce que l'on peut qualifier d'expérience mystique. Elle est bien entendue " mystérieuse "... mais que pour celui qui ne l'a pas vécue directement dans son être, avec tout ce qu'elle a d'ineffable et donc de non communicable aux autres hommes (ce fameux " secret " qui " se garde tout seul ") ; bref, elle n'est mystérieuse (litt. " fermé ") que pour celui qui n'en a pas fait l'expérience personnelle, qui ne l'a pas initiée... qui n'a donc pas été initié (autre sens étymologique du mot " mystère "), qui n'a donc pas commencé à développer cette connexion, cette communion, avec le Divin (classiquement avec les Petits, puis Grands Mystères). Une fois initié, une fois la démarche spirituelle clairement enclenchée, tout le " mystère " (l'obscurité, la confusion, l'inconnu) se dissipe ou se dévoile (et le Mystère vécu s’accroît à mesure que notre connexion avec le Divin s'approfondie, se densifie, s'intensifie) : tout s'éclaire de l'intérieur et chacun peut percevoir la Lumière, l'Amour et la Vie, ici et maintenant... et pour les siècles des siècles. On appellera donc les personnes qui font régulièrement ces expériences des Mystiques. Au fond, ça n'a rien de très sorcier, si je puis dire, mais c'est tout simplement... " magique ".

Fraternellement,

N.
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