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TOPIC: Esotérisme de fête de Pâques

Esotérisme de fête de Pâques 7 months 1 week ago #5777

  • Alnitak
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Bonjour à tous,

A l'occasion de Pâques, je vous propose de (re)découvrir un article parut en mars 1953 écrit par Jeanne Dumonceau qui fut un temps compagne de route de Jeanne Guesdon avant qu'une brouille ne les sépare.

Elle fut des premiers temps de la renaissance de l'AMORC en France avant d'apporter, en tant que rédactrice en chef, un concours décisif dans la publication de la revue Rose-Croix qui à mon avis n'aurait pas vu le jour sans sa précieuse et efficace collaboration.

Jeanne Dumonceau collabora à la revue, mais apporta aussi sa contribution à d'autres publications telle que "les cahiers métapsychiques" ou encore "l'Astrosophie". elle publia de même quelques ouvrages dont dès 1946 un opuscule d'une trentaine de pages reprenant une conférence du 14 novembre 1945 intitulée : "Maîtres, Instructeurs et Guides". Tout un programme !

Voici donc cet article dont le titre complet est :

L’ÉSOTÉRISME DE LA FÊTE DE PÂQUES



EN lisant la Bible et les Evangiles, l'attention est inévitablement attirée par la répétition de certains événements dont les premiers semblent être la préfiguration des seconds.

Sarah reçoit par un ange l'annonce de sa tardive maternité ; elle n'y croit pas et d'ordre du Seigneur, Abraham appellera son fils Isaac, le rire. Plus tard, Zacharie ne croira pas non plus à sa tardive paternité et deviendra muet par l'ordre du Très-Haut jusqu’à la naissance de son fils Jean et Marie, mère du Christ, recevra aussi la visite de l'ange Gabriel lui annonçant une miraculeuse maternité, mais le décret divin la trouvera soumise : « Je suis la servante du Seigneur. Qu'il en soit fait selon sa volonté ! »

Joseph, fils de Rachel et de Jacob, est vendu aux Ismaélites sur la proposition de son frère Judas. Or, Joseph signifie sauveur et plus tard Jésus, qui sera aussi appelé Sauveur, sera trahi par Judas pour trente deniers.

De même, le passage de la mer Rouge fera l'objet chez les Israélites d'une des plus grandes fêtes de l'année, la Pâque qui se fêtera le 14 du mois de Nisan et c'est au cours de la Pâque Juive, au cours de la Cène, que sera institué le plus grand sacrement de l’Église, l'eucharistie : « Mangez et buvez. Ceci est ma chair ; ceci est mon sang  ».

Appartenant au Plan Divin dont nul ne connaît le but, ces événements marquent des étapes que doit franchir l’humanité, étapes où se manifeste l'intervention divine pour nous remettre dans le droit chemin grâce à Son Aide Providentielle.

Calquée sur le cours de l'astre-roi, la liturgie épouse à la fois le cycle chrétien et le cycle astronomique. Après l'accès à la lumière tamisée de l'hiver avec Noël, nous recevons une lumière vivifiante à Pâques ; nés au monde terrestre à Noël, nous passons le seuil mystérieux quatre mois plus tard en nous libérant des passions qui empêchaient la régénération divine. Du moins est-ce ainsi que le renouveau doit se produire.

Correspondance…

« L'âme de l'homme est dans son sang », lit-on dans la Bible ; mais l'homme a une vie plus haute à conquérir : c'est la vie spirituelle ; il ne peut l'atteindre s'il ne libère pas son âme. Comme l'alchimiste cherche à convertir le plomb vil en or pur, le chrétien doit libérer son âme des scories qui lui sont attachées.

Aussi, le temps pascal qui comprend, outre la semaine sainte, le temps du carême qui le prépare, nous convie-t-il à percevoir les signes de notre régénération. Notre corps physique décèle un trouble comparable à celui de l'âme qui veut évoluer : le temps du carême est la période de purification dont le besoin se fait sentir et qu’ont institué à leur manière toutes les religions ; le foie, organe régulateur de la circulation dans une fonction appelée fonction martiale, connaît à ce moment des troubles qui se répercutent dans tout l'organisme. Aussi recommande-t-on une nourriture légère coïncidant avec un retour sur soi-même, un désir de libération. L'être une fois purifié peut alors participer à l'élan vital de la nature entière.

La charmante coutume des œufs de Pâques qui paraît si étrangère à la fête religieuse elle-même est fort ancienne. La doctrine d'Orphée se réclamait de la révélation primitive et son sens ésotérique se traduit aussi primordial que la croix et, comme elle, né avec la première pensée religieuse de l'humanité : c'est l'Œuf. Dans la religion orphique, l'Œuf représentait la source de l’Être, l'origine de la Vie, le principe de l'Homme et de la Nature.

Ce symbole se retrouve dans l’Église primitive.

Un auteur qui a fait un travail assez poussé sur les cimetières chrétiens, Paul Boldetti, affirme avoir trouvé dans les tombeaux de plusieurs martyrs, des œufs de marbre semblables à des œufs de poule. Il avait observé que se trouvaient là des coquilles d'œufs provenant probablement des agapes dont les œufs formaient le principal aliment. Saint-Augustin dit que l'œuf de marbre est le symbole de la résurrection du corps. Ce mystère de la vie sortant de la mort, de la mort suivie d'une vie nouvelle ; tel était aussi le dogme fondamental de toute l'initiation orphique et tout ce mystère semblant enfermé dans l'œuf qui formait ainsi le point central et la base de tous les cultes. Mais d'où vient l'idée de les peindre ?

Bachofen, dans un travail sur les œufs des mystères, écrit :

« Les Anciens représentaient les œufs des mystères moitié blancs, moitié noirs : blanc, couleur de la vie noir, couleur de la mort. Ainsi, symboliquement, on représentait les deux côtés de l'existence inséparablement unis et on enseignait comment la vie de l'organisme est le résultat d'une force qui crée et qui détruit pour recréer de nouveau. »

Toutes les déesses-mères des religions primitives, de l'époque marécageuse et humide, ont comme attributs l'œuf et les oiseaux qui vivent sur l'eau. On connaît la légende du cygne de Léda et celle des oies de Junon qui sauvèrent le Capitole.

L'œuf formant le corps d'un oiseau se trouve sur de nombreux ornements du culte : vases, lampes et autres objets. Le calice d'or en forme d'œuf est le vase sacramental dans lequel l'initié buvait l'eau, symbole de la vie végétative, mélangée au vin, boisson de Dyonisos, symbole de la force génératrice.

Ainsi la vie est enfermée pour un temps dans une forme périssable. Il faut que cette forme soit détruite, il faut que l'œuf se brise pour que l’être puisse naître, se libérer et renaître à une nouvelle existence, d'où le sens symbolique des deux couleurs blanche et noire associées.

L'œuf maintenu à la fête de Pâques, c'est la vieille croyance païenne prise en charge par le christianisme : « Je ne suis pas venu détruire la Loi, mais la rétablir ». Cette permanence des antiques symboles s'allie fort bien avec les rites nouveaux qui transcendent les anciennes croyances. L'idée vie-mort-renaissance impliquait un sens de fatalité ; avec la Passion, nous avons le Christ se soumettant à la Loi, mais triomphant en définitive de la mort par son sublime sacrifice. Pour beaucoup de chrétiens, ce triomphe ne signifie pas grand-chose s'ils s'obstinent à ne voir que les faits matériels.

Évolution de la Fête de Pâques.

Certes, notre dépouille connaîtra le sort des vêtements devenus inutiles ; mais nous savons qu'au cours de notre vie, alors que notre corps s'use, notre âme subit une transformation inverse : elle se purifie, s'enrichit de toutes les connaissances acquises ; alors qu'elle se complaisait au temps de la jeunesse dans la vie physique, elle s'en détache avec le temps, s'allège et devient de plus en plus apte à contacter le plan spirituel. L'initiation a donc pour but d'accélérer ce processus et, ici-bas et maintenant, de nous accoutumer à la vie surnaturelle.

La Fête de Pâques se célèbre le premier dimanche qui suit la pleine Lune du Bélier. Dans les premiers siècles on baptisait ce jour-là seulement les néophytes, les catéchumènes étant baptisés un peu plus tard, à la Pentecôte.

Au Moyen âge, on sonnait toutes les cloches et les églises étaient illuminées ; on aspergeait les habitations d'eau bénite et l'on bénissait l'agneau qui devait être mangé en commun. Le sacrifice de l'agneau correspondait, chez les Hébreux, au sacrifice du premier-né du troupeau ; il devait être rôti et non bouilli ; le Bélier est un signe de feu ; au cours de la manducation de l'agneau, le pain utilisé devait être sans levain. Chez les Hindous, le feu, c'est Agni révéré à l'égal d'un dieu. On sait l'importance du feu dans la civilisation. Sans lui pas d'industrie ; une vie misérable est seule possible. L'idée que le feu est un don du ciel est très ancienne. Aussi devait-on paraître pur devant le Feu et nous sentons l'impérieuse nécessité de ne participer à la Fête de Pâques que purifiés par un loyal examen de conscience qui couronne la purification du corps au cours du Carême.

Dans l'église, le cierge est l'image du Christ : la cire est son corps ; la mèche, son âme ; la flamme, sa divinité ; le tout commémore l'union de Sa nature divine à Sa nature humaine. Allumé à Pâques, il symbolise Sa résurrection. Plus qu'une représentation picturale, cette image est vivante.

Parce que le Christ est la Lumière du Monde, le feu nouveau est bénit la nuit de Pâques d'où un office de vigile chez les premiers chrétiens qui croyaient que la fin des Temps viendrait dans la nuit de Pâques. Cet office vient d'être repris depuis deux ans par l'Eglise romaine. (Cet article parût en mars 1953 - Ndr) Cette nuit mystique donne de l'importance au jour qui est le symbole du Jour éternel où nous ne connaîtrons plus la privation de la Lumière divine.

Les rosicruciens aimeront ce rite de la « Pâque des Roses ». Autrefois, à Rome, le dimanche suivant l'Ascension, c'est-à-dire après la réalisation complète de l'Incarnation, le Pape faisait une homélie annonçant au peuple la venue prochaine de l'Esprit-Saint (le jour de la Pentecôte). A ces mots, on faisait tomber une pluie de roses du ciel ouvert de la Rotonde, la réunion se faisant dans le Panthéon d'Agrippa. Ailleurs, cet usage avait lieu à la Pentecôte.

Symbolisme.

Les symboles ne manquent pas dans la Passion. Nous retrouvons le nombre trois répété à plusieurs reprises : Pierre, selon la prophétie du Maître, le trahira à trois reprises alors que le coq aura chanté trois fois :

a) par égoïsme, mouvement instinctif de sécurité et de défense ; la vie physique;
b) par crainte de la souffrance : la vie psychique ;
c) par esprit d'indépendance : la vie spirituelle.

Pendant les trois ans de sa prédication, le Christ porte une robe bleue, couleur de la Vierge, parce qu'il est revêtu de la Sagesse Divine.

Pendant la Passion, ses tourmenteurs lui jettent une robe pourpre, insigne d'une royauté qu'il croyait dérisoire et qui fut réelle, car il est le vrai Pontife et la pourpre est la couleur jupitérienne qui sied aux princes.

Enfin, la robe blanche sous laquelle il apparaît aux Pèlerins d'Emmaüs est celle de l'initié, de celui qui est réintégré dans le monde divin.

Sa crucifixion, alors châtiment banal des voleurs, aura lieu en même temps que celle des deux larrons.

Les cinq plaies du Christ sont aussi un sujet profond de méditation. Ce nombre cinq, nous le trouvons au cours de sa prédication, alors qu'il opère la première multiplication des cinq pains nourrissant ainsi plus de cinq mille personnes.
Pour s'assurer de la mort du Christ, Longin le perce de sa lance au cœur, cinquième plaie, il s'échappe de son côté le liquide précieux que, dit la légende, Joseph d'Arimathie recueille dans le Saint Graal. Il y a une interprétation alchimique de la Passion du Christ sur laquelle je ne m'étendrai pas, mais il n'est pas inutile de rappeler que dans l'église du couvent des Jacobins, à Paris, dans la chapelle de Saint-Thomas d'Aquin, on voyait un double vitrail polychrome où se remarquait un matras renversé couronné d'épines d'où tombait le liquide précieux qui remplit de joie et d'extase l'alchimiste qui a enfin trouvé ce qu'il attend.

Retenons ce nombre cinq qui est celui de Mercure, dispositeur du signe de la Vierge, tandis que les deux Poissons nous rappellent, non seulement la double nature du Christ, mais aussi le signe qui donna son nom à l'ère chrétienne. La précession des équinoxes nous a fait entrer dans l'ère des Poissons avec le sacrifice du Christ ; dans quelque deux cents ans, si les astronomes ont calculé juste, une nouvelle ère s'ouvrira. Que sera-t-elle ? Tous les espoirs sont permis si les hommes comprennent et réalisent enfin les promesses de l'ère chrétienne ; toutes les déceptions sont à craindre s'ils s'obstinent à mépriser le sublime message du Christ.

Et c'est pourquoi les rosicruciens veulent répandre la lumière de la connaissance et de l'amour, car tous nous devons prendre conscience des conditions de notre rachat et de notre rédemption.
Simplicitas Veritatis sigillum
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The following user(s) said Thank You: Omorfo Phos, Frater N.

Esotérisme de fête de Pâques 7 months 1 week ago #5778

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Que ce christianisme ésotérique de 03/1953 fleure bon le Souffre, le Mercure et le Sel. L'astrologie, surtout lunaire, reste un épineux problème.
Merci Guy pour cette charmante redécouverte.
Fraternellement,

N.
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