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SUJET : Frédéric Macé

Frédéric Macé 3 semaines 5 jours ago #5861

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Bonjour à tous,

Je fais suite à un post précédent en vous proposant une courte biographie, non exhaustive, d’un personnage inconnu de la plupart des chercheurs d’aujourd’hui.

L’histoire, souvent, ne retient que les noms de ceux qui savent faire parler d’eux-mêmes ou qui sont en situation qu’on parle d’eux, même et surtout sans mérite personnel. On se souvient du bavard qui parle et écrit beaucoup sur tout et sur rien, souvent superficiellement, mais pas de celui dont la parole est rare et l’écrit concis, sobre et érudit.

Il en est ainsi de Frédéric Macé, oublié du plus grand nombre. C’est pour rendre hommage à sa mémoire que je vous le présente aujourd’hui.


Jeanne Guesdon le tenait en haute estime et il était l’ami proche (de 25 ans environ) d’un autre célèbre inconnu, Léopold Augier qui fut le Grand Trésorier du Conseil Suprême International du rite de Memphis-Misraïm installé lors de la convention du 8 au 14 août 1934 de la FUDOSI.

Léopold Augier disait de lui qu’il « était un garçon peu expansif, plutôt d’un aspect sombre et triste : hélas ! la vie l’avait marqué profondément et buriné son masque d’artiste, ce masque dont la gravité un peu douloureuse cachait une âme ardente, éprise de beauté, de vérité, d’amour d’une Nature pourtant peu clémente. Oh ! cette vérité qu’il cherchait partout, et dans le temps et dans l’espace, cette justice qu’il aurait voulu voir rayonner ! Que de fois il est venu épancher son cœur vers moi ! »

L’essentiel de cette biographie est extrait, voire repris in extenso du In Memoriam écrit en prologue du livre « La Parole Perdue » publié peu de temps après la mort de l’auteur en 1953. Je ne voyais pas l’utilité de refaire ce qui existe déjà. Les passages repris sont en italique.

André Jules Frédéric Marius MACÉ dit Fred MACÉ est né le 9 janvier 1891 dans le 17ᵉ arrondissement de Paris « d’une famille originaire de Chambord. Son enfance se passa parmi les grands arbres et les étangs, dans un pavillon de chasse où Madame de Pompadour faisait relai quand elle se rendait à son château de Ménard, sur les bords de la Loire.

Son père était né à Lyon où les Macé se succédèrent 118 ans dans les Postes.

Dès l’âge de 18 ans, Macé s'intéresse à tel point à l’Asie qu’il étudie le sanskrit. Chez lui l’artiste
(il s’était présenté à Léopold Augier sous ce vocable) se doublait d’un intellectuel, d’un philosophe.

Après avoir appris le dessin avec Derain il part faire du journalisme à Madrid où il sera correspondant de Reuter, tiendra la chronique des expositions à la « Gaceta Literaria » de Jimenes Caballero, en même temps poursuivra son œuvre d’illustrateur et ses études sur l’Orient.

Macé a été aussi attiré de bonne heure par la musique. Il étudia la composition et, après le piano, toucha de la harpe et de la guitare classique, ce qui lui fit connaître intimement le grand guitariste Segovia.


À la fin de ses périples, quand il fut de retour à Marseille, il parcourut, encore, le cycle des théories philosophiques ; là aussi, il écrivit. Il fit partie de cercles divers, quelques-uns étroitement fermés, d’autres ouverts à tous vents. Il se replongea dans les études théosophiques. Il eût de nombreux contacts avec les milieux de la jeune médecine néo-hippocratique pour laquelle il rédigea des brochures d’hygiène, d’éthique.

Ses dons en dessin lui firent illustrer des ouvrages médicaux, puis littéraires, pour aborder ensuite la xylographie (gravure sur bois) et, au terme de sa technique picturale, la restauration des tableaux des maîtres anciens.


Avant de se fixer définitivement à Marseille, c’est toujours la recherche de l’expression philosophique, aussi bien dans l’art (ainsi que ses estampes en témoignent) qu’en littérature, qu’en enseignement didactique, qui a été la note dominante chez lui. »

Jeanne Guesdon écrira à son tour dans la revue Rose-Croix n°9 du 21 mars 1954, sous le titre « Fred Macé, Rosicrucien et Philosophe de l’Unité » un court In memoriam (qui reprend une bonne partie de la biographie de Léopold Augier), d’où j’extrais ces lignes :

« Le Rosicrucien Fred Macé, qui a récemment quitté le plan terrestre, avait une personnalité profondément attachante, et il est bien certain que son souvenir restera dans la mémoire de tous ceux qui ont eu le bonheur de le connaître. Son passage sur Terre fut relativement court, à peine soixante-deux années. Mais soixante-deux ans bien remplis.

Notre ami reconnut qu’à ses talents si divers il fallait une harmonie, un Sens. Et ainsi, tout naturellement, il en vint très tôt à l’Ésotérisme. Il commença par étudier le Zen d’Extrême-Orient. Puis sa pensée revint à la source originelle, à la Rose et à la Croix.

Dans certains centres initiatiques et symboliques, Fred Macé acquit une notoriété certaine. Et son dernier livre La Parole Perdue est en quelque sorte son testament spirituel. Nous ne saurions trop inciter nos lecteurs et amis à le lire et à le méditer. »


Ce fascicule au contenu si particulier et original célébré par le Grand Maître de l’Ordre Rosicrucien montre à quel point la philosophie et la pensée rosicrucienne de l’époque (qui malheureusement s’est éteinte après la disparition de Jeanne Guesdon), partagée par ceux qui ont perpétué le rosicrucianisme, pouvait être aussi différente et opposée à celle qui a la cote aujourd’hui. On y trouve aussi un constat politique et visionnaire qui aujourd’hui encore reste actuel :

« Au nom de la liberté, on abolira l'institution corporative qui, malgré ses défauts, garantissait à l'ouvrier une certaine sécurité et lui était un gage d'émancipation. Mais on ne la remplacera par aucun statut du travail offrant des garanties équivalentes. Bien au contraire, l'ouvrier deviendra un véritable esclave dans la manufacture, l'employé dans le bureau, à la merci d'une société qui sera de plus en plus oppressive et chaotique. Aux privilèges de la Noblesse, succéderont les privilèges du Capital. Le peuple paiera fort cher une illusion de pouvoir. Dans cette société de marchands et d'agioteurs, où l'intérêt égoïste aura pris la place de l'ancien idéal chevaleresque, régneront désormais, dans tous les domaines et à tous les niveaux, l'esprit de concurrence, l'instabilité, la spéculation »

Un clin d’œil pour terminer cette très succincte biographie : Les exemplaires de « La Parole Perdue » seront édités par le fils de Fred Macé, Axel, et porteront ce cachet : « CCCXXXIII exemplaires numérotés en symbolique hommage ». Voilà un nombre que ne renierait pas H.S Lewis.

Fred Macé décédera dans le 13ᵉ arrondissement de Marseille le 9 juillet 1953 à l’âge de 62 ans.

Voici quelques extraits de son livre :

« Les Sociétés Secrètes n’ont conservé, en effet, que de rares témoignages de leur origine et de leur activité passée. Leur caractère ésotérique suffit à expliquer le nombre très réduit des pièces pouvant aider l'historien dans ses recherches. Quelques documents d’une authenticité incertaine, des relations historiques où le vrai se mêle à la légende, ne peuvent constituer de guides sûrs. Des symboles, des rituels sont parvenus jusqu’à nous, mais on doit tenir compte, là encore, des modifications qu’ils ont pu subir au cours des siècles dans leur forme et leur interprétation. Des formules rituelles, des tournures, des épreuves d’initiation devenues avec le temps désuètes, archaïques, furent simplifiées, modernisées, parfois même enrichies de nouvelles allégories et de nouveaux symboles. Et ce n’est guère cependant qu’en consultant ces vagues et infidèles données que l’on peut imaginer les activités de ces Sociétés et soupçonner le rôle qu’elles ont pu jouer dans l'Histoire.

La Rose-Croix est peut-être la plus mystérieuse entre toutes.

Leur objectif secret semble avoir été de substituer au dogme religieux une certaine Gnose, proche parente de l’ésotérisme égyptien et du Gnosticisme alexandrin, et plus conforme que la religion aux connaissances scientifiques qui commençaient à se répandre dans le monde. Ces sages avaient pris pour emblème la croix et la rose. D’où le nom de Rose-Croix qu’ils portèrent à travers les siècles.

Les premiers cercles de Rose-Croix ne formèrent probablement pas de sociétés proprement dites. Il s'agissait alors, sans doute, de communautés libres d'adeptes qui exerçaient leur influence en des milieux très restreints. Ce n’est que beaucoup plus tard, au XVIIe siècle, que les Rose-Croix, jugeant les temps plus favorables à la propagation de leurs idées, décidèrent de sortir de leur isolement relatif et révélèrent leur existence sous la forme de sociétés constituées. C’est alors qu’apparaît la Fama qui provoque dans le monde profane une très vive sensation. Il faut croire aussi que la transformation profonde que subit la pensée occidentale à la fin du Moyen Âge dut beaucoup influer sur la décision des adeptes.

Le Moyen Âge, en effet, nous montre une humanité hantée par la présence de Dieu. Dieu est le moyen et la fin, la raison et le but de toute chose. Et l’Église est la voie qui mène à Dieu. À cette ère théologique s’oppose l’ère humaniste issue de la Renaissance, « qui fera de l'homme le centre de l'univers et de son bonheur la fin de toute activité ». Les siècles qui suivront verront cette idée passer dans le domaine de la pratique et absorber peu à peu toutes les préoccupations humaines.

Les Rose-Croix avaient été, eux aussi, les artisans de cet Humanisme. Ils avaient voulu cette émancipation des consciences sans laquelle toutes tentatives de progrès, d'évolution sont vaines. Mais ils en voyaient aussi les dangers. Ils savaient que certaines idées d'inspiration scientifique, propagées sans discernement dans un monde imparfait, pouvaient influencer fâcheusement la morale et la vie des peuples. Il est des vérités qui ne sont pas toujours bonnes à dire parce qu'elles ne sont que les fragments d'un tout dont la complexité n'est pas accessible au premier venu. Une tâche extrêmement délicate s'imposait donc aux philosophes de bonne volonté.

De cette époque date la création des Chapitres de Rose-Croix, dont celui de Hesse-Cassel est passé dans l'Histoire. On retrouve leurs traces dans les archives allemandes et l'on cite les noms des membres directeurs. La première société connue est la Rose-Croix d'Or ou Aurae Crucis, fondée vers 1570.

Elle devait, quelque temps plus tard, se scinder en deux rameaux distincts. L’un demeurait l'Aurae Crucis, dépositaire de la Gnose. L’autre groupe, la Rosae Crucis, eut un caractère moins ésotérique. C’est à lui qu'appartenait Valentin Andrea, l'auteur présumé de la Fama. Par Michel Maïer, confrère de Valentin Andrea, le mouvement pénétra, en 1610, en Angleterre, où Robert Fludd devait, en compagnie de Francis Bacon et d'autres philosophes indépendants, donner au Rosicrucianisme une impulsion qui, par ses lointaines répercussions, allait déborder le cadre d’une simple société occulte.

L’Ordre des Elus-Cohen, fondé par Martinez de Pasqualis en 1750, possédait une classe supérieure de Réaux-Croix. Martinez détenait une Charte délivrée à son père, disait-il, par l’ancienne Maçonnerie anglaise, lui permettant de constituer des loges en France. Des auteurs ont été surpris qu'une Charte de cette importance ait été accordée au père de Martinez qui – à supposer qu’il fut maçon – n’a laissé aucun souvenir dans les annales maçonniques. Nous avons vu par ailleurs ce que les frères de la Rose-Croix entendaient par le titre de père. Nous pensons qu’il faut voir dans le mouvement kabbaliste et théurgique, connu sous le nom de Martinesisme, une nouvelle tentative des Rose-Croix ayant pour objet de rassembler au sein même de la Maçonnerie moderne des éléments disposés à réagir contre l’esprit de plus en plus positiviste qui y régnait. L’origine du Martinesisme, qui est demeurée une énigme, pourrait ainsi trouver une explication."





Fraternellement,
Guy
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Frédéric Macé 3 semaines 5 jours ago #5862

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Merci Guy pour ta réponse,

Soror Jeanne Guesdon, comme Frédéric Macé évoquent brièvement l'Ordre Aurae Crucis en indiquant simplement que c'est une voix Gnostique, esotérique (donc Ordre Intérieur) et que l'Ordre Rosae et Aurae Crucis est plus exotérique, destiné à un plus large nombre d'Adeptes. Il y aurait donc une Eglise Secrète Aurae Crucis ???
Y a-t-il un rapport avec l'Ordre de la Rose+ dont Eliphas Levi fut Grand Maître Ordre qui fut fondé lui aussi vers 1660 ? Les louanges à la Femme qu'Eliphas Levi fait sous son vrai nom d’Alphonse Louis Constant, de Louis Constant, d'Abbé Constant ou de A. Constant laissent penser qu'après avoir quitté le Séminaire pour cause d'amour pour une jeune femme, laissent penser qu'il fut ordonné dans une branche gnostique... cette Rose+ Universelle, synonyme de Rose+ Catholique suivie par le père et les frères Péladant ainsi que par le Dr Edouard Bertholet me posent question !!! 2 branches Rose+ à cette époque ?
Cette survivance Gnostique, donc Sacerdotale : SOT ? RER ? Elus Coèns ? Elipha Levi en parle dans ses livres de façon à peine voilée et est aucentre de l'initiation neo martiniste de Papus et Chaboseau (ce qui dément l'affirmation du Chaînon Manquant puisque Eliphas Levi eut pour disciples pendant 11 années consécutives Henri Delaage et Fernand Rozier !!! et bien d'autres...

Enfin pour Saint Martin, son financement du Comité Révolutionnaire est très proche à l'assertion de l'abbé jésuite Augustin Barruel dans ses memoires pour servir à l'histoire du jacobinisme et où il précise que ce fut pour le Massacre des Vendées et des Royalistes de l'Est de la France !!!

Voila bien du questionnement !!!

Fraternellement

Alain :) :) :)
Et Lux in Tenebris Lucet,
Et Tenebrae Eam Non Comprehenderunt

Fraternellement

Alaenus Eques a Lumen de Lumine

Tau Loukas
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