L'imagination au pouvoir... ou l'histoire d'une remise en cause !

Grâce notamment à l’imagination débordante d’un de ses membres Jacques JULY, aujourd’hui également Président d’Honneur du C.R.C., le Comité Directeur du SETI a pris des orientations déroutantes pour les anciens amorquiens et audacieuses par comparaison avec les pratiques habituelles de toutes les organisations philosophiques ou mystiques. La gratuité des enseignements est encore aujourd’hui difficilement acceptée compte tenu de la société marchande dans laquelle nous vivons. La solidarité, même si elle n’est pas ouvertement contestée n’est que rarement mise en pratique et la transparence n’est même pas revendiquée tant l’opacité des systèmes qui nous dirigent à tous les niveaux, préservent les intérêts et la tranquillité de ceux qui les conduisent. Mais cette volonté de changer le monde à commencer par celui de l’ésotérisme et du mysticisme va provoquer la haine etancien_sigle l’acharnement de certains et, il faut bien l’avouer, parfois le découragement de quelques pionniers. Cependant c’est en arborant ces valeurs dont le flambeau est très lourd à porter et, la mise en pratique, un combat de chaque jour que la Rose-Croix pourra éclairer de nouveau le chemin des chercheurs sincères et ce malgré le mépris, les railleries ou les attaques virulentes des " marchands du Temple " modernes.

Des précisions sur l'AMORC et SETI

En mai 93 le bulletin de l’AEIMR (Association d’étude et d’information sur les mouvements religieux) publie un article sous la plume de Charles-Frédéric VETRIGNE intitulé " une mise au point sur l’AMORC " (19) . Dans ce texte écrit en forme de réaction à celui de Bernard BLANDRE (cité précédemment) l’auteur évoque la création du SETI et les méthodes musclées de l’AMORC. Visiblement bien informé sur les relations entre l’AMORC et le CIRCES, C-F. VETRIGNE qui a appartenu aux deux organisations, nous le découvrirons ultérieurement, utilise là un pseudonyme par peur des représailles. Ses propos sont certes pertinents au sujet des querelles intestines des " BERNARD’s & Co. ", mais l’auteur est visiblement mal informé sur les origines du SETI. Jean pierre JULY lui répond donc par le même canal en août 93 (Mouvement Religieux n° 160) (20) . Une rencontre pour échanger sur le sujet sera même organisée et une relation amicale s’en suivra.

Il est important de noter que dans cet article publié en août 93 et dont la véracité n’a jamais été mise en cause, le Président du SETI, qui n’entretenait alors aucun contact avec Gary L. STEWART, s’interrogeait déjà pour savoir qui avait piégé ce dernier lorsqu’il était à la tête de l’AMORC. A la lumière des rencontres qui ont eu lieu depuis octobre 99 les questions ont fait place aux réponses. Oui, Gary L. STEWART a bien été piégé par la création du CIRCES. Il l’a d’abord approuvée, dans un premier temps, pour se dédire par la suite perdant ainsi une partie de son crédit vis à vis des membres, notamment ceux de la juridiction de langue française. Il a ensuite fait l’objet d’une campagne, de rumeurs diverses, savamment orchestrée en France, par la distribution de lettres émanant de certains membres de la Hiérarchie Esotérique américaine. Les fondateurs du SETI ont, bien innocemment, relayée les doutes exprimés par les rosicruciens américains, parce qu’ils n’avaient obtenu aucune réponse aux questions posées à ce sujet au Grand Maître des pays de langue française, ni surtout aucun démenti sur les accusations portées contre Gary L. STEWART. Un Grand Maître qui après avoir exclu les officiers de la Grande Loge trop curieux, en les accusant entre autres d’insulter l’Imperator, alors qu’ils cherchaient simplement à connaître la vérité sur la modification des enseignements et la gestion des fonds de l’association, allait écarter, quelques jours plus tard sans ménagement, ce même Imperator en l’accusant de détournement de fonds.

Les faits suffisent à démontrer que ce qui fut considéré comme un " crime de lèse-majesté " en février 90, devint l’argument principal de la destitution de Gary L. STEWART et de la prise de pouvoir qui s’en suivit par le fils BERNARD en avril de la même année. Le moins que l’on puisse dire c’est que la cohérence de la démarche n’apparaît pas de façon évidente si l’on pense que l’on a affaire à des gens sincères et intègres, ce que l’on est en droit d’attendre dans une telle organisation. En revanche, la logique de la manœuvre devient lumineuse si l’on admet que la stratégie de prise de pouvoir a été orchestrée avec minutie et ce depuis plusieurs années au détriment du pouvoir américain. On comprend dès lors que les auteurs du stratagème ne pouvaient tolérer que quelques hurluberlus limougeauds un peu trop candides et crédules fassent tout rater en posant leurs questions d’idéalistes beaucoup trop tôt.

Quel comble ! Ces types, membres de l’AMORC depuis prés de vingt ans, avaient cru, à ce point, aux valeurs contenues dans les enseignements qu’ils étaient capables de remettre en cause un dirigeant omnipotent du fait de son comportement non conforme à l’idéal rosicrucien !

L'héritage Spirituel de la Lumière

Au cours de cette même année 93 des contacts sont liés avec l’Afrique et un article " Héritiers Spirituels de la Lumière " (21) paraît dans une revue camerounaise " OSIRIS " sous la signature du Président du SETI. Une conversation téléphonique a lieu avec le rédacteur en chef de cette revue, qui a également rapporté un article de Curt WARREN issu des Rosicrucians Chronicles. Mais cet interlocuteur camerounais est manifestement paniqué à l’idée d’éventuelles représailles. Il est vrai que les rosicruciens africains sont souvent l’objet d’une double emprise spirituelle et politique, parfois liées, dont il n’est pas aisé de se sortir. Néanmoins ces contacts africains apporteront de nombreux membres au SETI et ce d’autant que la gratuité des enseignements permet aux plus démunis d’accéder au rosicrucianisme ce qui n’était évidemment pas le cas à l’AMORC. Il y aurait beaucoup à dire sur l’Afrique et la Rose-Croix, mais ce n’est pas là notre propos.chronicles

En septembre 93 les véritables intentions de l’AMORC envers le SETI vont se révéler. Quelques mois plus tôt en février 93, un certain Jean Charles GIROUD avait adhéré au SETI. Probablement attiré par l’ésotérisme, ce nouveau membre, totalement inconnu des fondateurs du SETI, va prendre une initiative, pour le moins, intempestive. Fondateur en 1991 de l’association " l’Age du Verseau " et rédacteur en chef de la revue " Evasion " cet indépendant va reprendre à son compte toutes les informations diffusées par le SETI (y compris des écrits issus des " Rosicrucian Chronicles " américaines) pour écrire un article incendiaire annonçant la fin probable de l’AMORC en dénonçant sans ménagement, et surtout sans mesure, les pratiques des dirigeants. Le manque de discernement de ce marginal et ses excès de langage vont le conduire devant les tribunaux pour diffamation. Christian BERNARD et l’AMORC l’ayant assigné par citation directe à comparaître en date du 30/11/93. Il réclame à ce chômeur titulaire du RMI (Revenu Minimum d’Insertion) 400 000 F de dommage et intérêts. Affolé ce malheureux se retourne vers les dirigeants du SETI pour demander de l’aide. Ces derniers lui font remarquer que seule son interprétation, des faits indiscutables rapportés par le SETI, l’avait conduit dans cette situation délicate. Néanmoins un souci de justice conduisit le comité directeur de notre association à prendre en charge (y compris financièrement) la défense de ce pauvre GIROUD face à la multinationale de l’ésotérisme. Nous n’allions pas le regretter, car dés la prise de contact entre le conseil juridique du SETI, également chargé de la défense de GIROUD, et le très médiatique avocat parisien de l’AMORC, ce dernier produisit des pièces sans rapport direct avec le cas GIROUD mais en relation étroite avec le SETI. Il précisa à son confrère que c'était cette association limougeaude qui intéressait son client. Pas de chance, l’avocat de GIROUD était aussi celui du SETI puisque l’Association, bien que n’étant en rien responsable du dérapage épistolaire de GIROUD, avait décidé de lui venir en aide. Le malheureux éditorialiste de la revue " Evasion " sera condamné pour la forme au franc symbolique, mais le but poursuivi par les chicaneurs - porter atteinte au SETI - ne sera pas atteint. Il est également probable que les conclusions et pièces jointes déposées par le défenseur de GIROUD calmeront les ardeurs de ces quérulents personnages, procéduriers professionnels. En tous cas à compter de ce jour les pressions diverses sur les dirigeants du SETI se feront beaucoup plus rares. En voulant porter une atteinte fatale à ceux qu’ils pensaient être les initiateurs d’une bévue, les dirigeants de l’AMORC venaient de prendre conscience, incidemment mais brutalement, d’une partie des forces de l’adversaire.

Cet épisode pénible pour ce malheureux titulaire du RMI se révéla très formateur pour les dirigeants du SETI. En tous cas il était encore plus clair, après qu’avant, que nous étions une cible privilégiée de l’C et qu’il fallait redoubler de vigilance pour continuer à dénoncer l’inacceptable sans tomber dans la calomnie. Cela fut fait car pas plus avant, pendant, qu’après l’épisode " GIROUD ", l’AMORC n’a pu relever une quelconque infraction aux règles de droit de la part du SETI ou de ses dirigeants et ce n’est sûrement pas l’envie qui lui en a manqué. Cet épisode rocambolesque prouve la détermination des dirigeants de l’AMORC à poursuivre implacablement leurs détracteurs et démontre assez clairement, pour ceux qui pourraient encore en douter, l’authenticité des propos des responsables successifs du SETI depuis sa création.

La liberté individuelle passe par la libération des autres

En novembre 93 le SETI poursuit sa campagne d’information du monde rosicrucien. Pour faire suite à des commentaires dithyrambiques de Christian BERNARD sur l’installation de TOUSSAINT comme Grand Maître (ce que le président du SETI avait vu venir et annoncé depuis longtemps) le SETI va réagir. Son comité directeur, bien informé par des membres de l’AMORC qui de plus en plus nombreux rejoignent l’association limougeaude, signe un article qui ramène l’événement à sa juste proportion. Il rapporte au lecteur des faits anecdotiques certes, mais lourds de signification dans cet univers du symbolisme qu’est le monde rosicrucien. Ce texte intitulé " LA LIBERTE DE L'AME  PASSE PAR LA LIBERATION DES AUTRES… " (22) est accompagné d’une copie d’un article de l’Evénement du jeudi qui dénonce une fois de plus les dérives de l’AMORC sous le titre " Rose-Croix is business ". Ce qui est nouveau c’est que la presse nationale parle de " la dissidence ouverte " des rosicruciens du SETI. A noter que l’Ordre Rénové du Temple est évoqué dans ce même article. Cet Ordre créé par Raymond BERNARD allait à nouveau revenir au devant de la scène lors de l’affaire de l’OTS (Ordre du Temple solaire). D’aucun pense que cette organisation templière qui fut le théâtre de dramatiques disparitions d’adeptes pourrait trouver son origine dans l’ORT.

Dans le corps du texte, signé par le Comité Directeur du SETI un appel solennel est lancé aux membres de la Hiérarchie Esotérique (membres les plus anciens puisqu'ils ont atteint le 12ème degré des enseignements de rosicruciens). Il leur est demandé de prendre leurs responsabilités et de poser les bonnes questions aux dirigeants de l’AMORC en les enjoignant de justifier le manque de transparence financière de l’Association, certaines dépenses somptuaires, les orientations mercantiles qui intéressent le fisc français et les modifications fondamentales des enseignements qui trahissent la volonté des fondateurs du mouvement.

Quelques semaines plus tard un encart publicitaire (23) interpellera les mêmes membres de la Hiérarchie Esotérique en les plaçant devant leur responsabilité envers la Rose-Croix. Quelques réponses parviendront au SETI et le 20 février 94 une circulaire (24) sera adressée à ces membres perplexes afin de prendre date pour l’avenir de la Rose-Croix.

Histoire comparative des enseignements rosicruciens

C’est sous la rubrique " Histoire comparative des enseignements rosicruciens " que, dès octobre 1991, le Conseil de l’Ethique du SETI relevait avec précision les modifications de fond apportées aux enseignements rosicruciens mis au point par Harvey Spencer LEWIS. Cette altération d’une philosophie dite " traditionnelle " fut la motivation première de la création du SETI puisque le but même de l’association consiste en la " sauvegarde des enseignements issus de la tradition rosicrucienne " (cf. article 2 des statuts du SETI) (25). C’est pourquoi d’abord dans le bulletin " Reflets " puis dans la revue " Imagine ", sous la signature d’ " ICTUS " le Conseil de l’Ethique a entrepris un travail d’historien pour démontrer, en se référant aux propres documents diffusés par l’AMORC à différentes périodes, les censures, voire les altérations, du message initial. Le propos du conseil de l’Ethique n’était pas de comparer la qualité des enseignements dispensés, ni même de dénier aux dirigeants contemporains de cette organisation le droit de compléter l’enseignement en faisant ainsi progresser la tradition rosicrucienne. Mais il s’agissait de dénoncer la manipulation qui consiste à laisser croire aux étudiants rosicruciens qu’ils reçoivent les mêmes monographies que leurs frères aînés. L’analyse exposée dans les différents écrits d’ICTUS met en évidence trois périodes distinctes dans la diffusion des enseignements de l’ordre de la Rose-Croix en France.

imagineTout d’abord celle des traductions initiales accomplies en très grande partie (selon les dires même de l’AMORC) par le premier Grand Maître français Jeanne GUESDON et diffusées sous une forme ronéotypée juste après la deuxième guerre mondiale. Le Conseil de l’Ethique a pu constater que cette version était très proche de l’original américain mis en forme par Harvey Spencer LEWIS, certaines traductions littérales maladroites le démontrent assez bien. Puis dans les années 70 Raymond BERNARD, ou certains de ses collaborateurs de l’époque, font quelques aménagements tendant à ratisser plus large (monographies signées RB suivi de la date). Il supprime notamment quelques références bibliques ou remplace le terme " Dieu " par " Cosmique ". En apparence, il n’y a pas là de quoi fouetter un chat. Le but est clairement affiché et sera atteint, il faut attirer du monde, or la religion ne fait plus recette durant cette période post " soixante-huitarde ". Il faut noter cependant que les affirmations - l’ " Avertment " (16) - préparées par Ralph M. LEWIS à l'attention de ses successeurs exigent d’eux qu’ils ne suppriment pas le mot Dieu des enseignements rosicruciens. La censure de passages dénonçant une certaine forme de " mercantilisme ésotérique ", démontre assez bien que les copistes ont décidé de faire en sorte, que l’enseignement justifie les pratiques qui commencent à voir le jour à cette époque. Même si les transformations restent habiles et modérées la manipulation a bel et bien commencé à cette époque. Mais sous la direction de Christian BERNARD et surtout au début des années 80 avec l’arrivée à Omonville d’un ancien instituteur du Neubourg, les choses vont s’emballer. A tel point que ce sont des proches de Raymond BERNARD qui alerteront certains officiers de la Grande Loge dont le Grand Conseiller de Poitou-Charentes  et c’est Raymond BERNARD en personne qui le lui confirmera en présence de deux Moniteurs Régionaux de Poitou-Charentes le 6 décembre 89 au siège du CIRCES 22 rue Beaunier.

A la lecture des études comparatives réalisées par la suite par le Conseil de l’Ethique du imagine2SETI, on se rend compte que les monographies signées S.T., suivi de la date, sont empreintes d’une "déchristianisation" forcenée et voient disparaître progressivement les références à Harvey Spencer LEWIS. Après tout, les enseignements " Sergistes " ou " Toussainiens " sont peut-être plus utiles à l’humanité que ceux de la Rose-Croix, mais pourquoi ne pas les diffuser comme tels plutôt que de prétendre que l’on diffuse des enseignements traditionnels et authentiques.

(Cf. : 14 articles parus dans le bulletin REFLETS et la revue IMAGINE)
(26 à 30) - (31 à 35) - (36 à 37) - (38 à 39)

Ainsi, mois après mois, le SETI prouva, à ceux qui voulaient bien se donner la peine de lire, que la première raison de son désaccord avec les dirigeants actuels de l’AMORC - la modification des enseignements - était bien avérée. Depuis la suppression de certaines " concordances " trop empreintes de christianisme, jusqu’à la disparition de la " Confessio " du premier Imperator qui était auparavant adressée aux membres de la Hiérarchie Esotérique, en passant par la "cathédrale de l’âme" devenue "Sanctum céleste" tous les documents mis en forme au début du siècle par Harvey Spencer LEWIS ont été profondément remaniés.

Nous avons prouvé la transformation fondamentale des enseignements rosicruciens et les responsables français de l'AMORC, après l'avoir longtemps niée, finissaient par la revendiquer sous la plume du Grand Maître actuel dans un courrier (40) adressé à un de leurs anciens membres aujourd’hui à nos cotés.

Du droit de réponse au devoir d'interrogation

Plusieurs revues ou spécialistes des mouvements ésotériques se sont intéressés à la mes_setinaissance et au développement du SETI. L’hebdomadaire "L’Evènement du Jeudi", le bulletin "Mouvement Religieux", les auteurs Gérard GALTIER ou Charles Frédéric VETRIGNE ont été cités dans cet historique. On peut mentionner aussi la revue " Sciences et Magie " qui dans un numéro consacré à la Rose-Croix a publié un article reproduit sur notre site Internet dans son intégralité intitulé " Le SETI au service de la Rose-Croix : fidélité et audace ". La revue "Mondes Parallèles" a longtemps fait paraître des annonces qui ont permis de mieux faire connaître notre mouvement. La constante dans toutes ces tentatives de clamer la vérité sur notre histoire et de dénoncer ce qui était réellement à l’origine du schisme avec l’AMORC, c’est que tous ces acteurs de la communication ont subi, de façon plus ou moins directe, des pressions de la part de la multinationale de l’ésotérisme pour qu’ils cessent de s’intéresser au SETI. Ce fut notamment le cas pour les revues susceptibles de publier des encarts publicitaires pour l’AMORC nous avons recueilli des témoignages sur le sujet : " …si vous voulez profiter de notre budget publicité… ". Sur le plan des finances, le SETI n’avait évidemment pas les moyens de lutter, chacun emploie les armes qu’il maîtrise le mieux, c’est bien naturel. Mais d’autres moyens plus subtils ont également été employés, la menace d’un procès en a fait reculer plus d’un, l’affaire GIROUD évoquée précédemment prouve que la réputation d’obsession processive généralement attribuée à ce type d'organisations n'est pas usurpée.

En juin 96 Charles Frédéric VETRIGNE était venu assister à l’assemblée générale du SETI et il en rendait compte dans les colonnes de " Mouvement Religieux " n° 199(41) en novembre 96. Quelques mois plus tard en février 97 ce même Charles Frédéric VETRIGNE se rendait au salon de la marjolaine où était représenté l’AMORC en la personne de la Diffusion Rosicrucienne. Il en rendait compte sans animosité dans le n°202 (42) de la même revue qui se voyait imposer dans son n° 205 (43) de mai 97 un droit de réponse de l’AMORC. Une fois de plus alors que le SETI n’était en rien responsable des écrits de Charles Frédéric VETRIGNE c’est nous que le responsable juridique de l’AMORC visait clairement en écrivant notamment " …Aucune association ne peut vivre de l’air du temps… prétendre le contraire est un non-sens. Sur ce point certaines associations prétendent à la gratuité, mais font figurer dans leurs statuts une clause d’exclusion pour les membres qui ne participeraient pas à sa vie matérielle… ". C’est bien à notre association que ce nouvel acteur juridique amorquien s’en prenait dans ce droit de réponse. Mais le coup, habilement porté, allait indirectement réduire encore les faibles moyens d’expression du SETI. Depuis, cette date, la revue de l’AEIMR n’a plus rien publié sur notre association. Bernard BLANDRE ou son comité de rédaction ont-ils eu peur des juristes d’Omonville ? En tout cas bien que le Directeur de la publication nous en ait accusé réception, il ne publia pas l’article qui lui fut immédiatement adressé " DU DROIT DE REPONSE AU DEVOIR D’INTERROGATION " (44).

Fort heureusement, les membres et sympathisants de notre association purent prendre connaissance de ce texte dans le n° 10 de la revue Imagine paru en novembre 97.

Comme ils ont longtemps nié les modifications apportées aux enseignements mis au point par H. S. LEWIS, les dirigeants de l’AMORC en avaient fait de même pour les perquisitions annoncées par la presse. Dans son bulletin mensuel n° 590 de mars 1998, sous la signature de Serge TOUSSAINT Grand Maître, l’organisation reconnaît officiellement, vis à vis de ses membres ses déboires avec le fisc français. " Depuis plusieurs années, l’AMORC est en contentieux avec l’administration fiscale… " écrit TOUSSAINT, il n’est jamais trop tard pour bien faire, mais tout de même avoir attendu 7 ans pour informer les membres d’une association sur de graves problème de gestion dont le Grand Maître déclare lui-même " …De toute évidence, cette procédure n’a pas d’autres buts que d’imposer notre ordre au maximum, voire même de le mettre dans une situation financière qui l’obligerait à cesser ses activités… ", c’est un comportement pour le moins désinvolte envers les adhérents. Cette attitude est d’autant plus inadmissible que pendant des années les mêmes dirigeants ont dénoncé en paroles et par écrit les " mensonges et les calomnies " de ceux qui ne faisaient que leur devoir d’information envers des membres. Ces derniers, bien évidemment, ignorant tout de ce qui se tramait dans les coulisses de leur association. Au passage le Grand Maître en profite pour porter une attaque indirecte et sournoise au Président fondateur du SETI en prétendant " …Suite à un contrôle…qui fut très probablement ordonné après une intervention effectuée par un membre radié quelque temps plus tôt pour des raisons graves… ". Encore et toujours les allusions perfides et mensongères, distillées habilement vers les membres, pour faire apparaître les fondateurs du SETI comme de minables délateurs ayant pour mobile une amère vengeance. La vérité est tout autre. Si les fondateurs du SETI ont été tenus informés de ce qui se passait sur ce plan, et n’ont pas manqué de répercuter ce qu’ils savaient vers leurs anciens compagnons de route, ils ne sont en rien responsables d’un contrôle fiscal dont l’initiative fut probablement prise par un fonctionnaire des services fiscaux membre de l’AMORC qui s’interrogeait déjà en 1988, et à l’évidence légitimement, sur les dérives mercantiles de l’Association.

Le SETI, devenu Cénacle de la Rose-Croix sous la Présidence de WITZ J-N, va réagir à nouveau dans un article signé de son Comité Directeur. Sous un titre à la forme interrogative, " EN VEINE DE CONFIDENCES… OU EN QUÊTE DE FINANCES ? " (45) , l’auteur fait une analyse critique du texte de TOUSSAINT, démontrant ainsi le véritable but poursuivi par cette confession tardive : justifier une augmentation de 15% des cotisations. Voilà le vrai visage des dirigeants d'une association qui quelques mois plus tard sera identifiée comme " secte " dans le dernier rapport parlementaire sur le sujet. Juste retour des choses pour TOUSSAINT qui n’a pas hésité à venir, en février 98 à Limoges, traiter le Cénacle de la Rose-Croix " de groupuscule sectaire animé par un Gourou ". Lors de cette conférence publique pour laquelle il s’était offert un service d’ordre musclé, il avait nié tout conflit avec quelque autorité civile que se soit, présentant comme une rumeur les échos des déboires fiscaux de l’AMORC, alors qu’il allait l’avouer un mois plus tard aux membres.
Comment les rosicruciens sincères et informés peuvent-ils encore accorder la confiance que leur chef, pour la communauté francophone, leur réclamait encore récemment dans son message de septembre 99 ?

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Devenir... sans trahir !

La volonté de préserver l’intégrité de la Tradition rosicrucienne, fut à l’origine de la création du S.E.T.I Cénacle de la Rose+Croix. Servir ses idéaux demeure depuis de longues années, l’objectif de ses membres fondateurs et de ses dirigeants actuels Diffuser ses enseignements, dans leur totalité et leur authenticité, reste sa raison d’être et de perdurer.

Pour accomplir cette mission, fondateurs et dirigeants, avons toujours fait preuve de la plus grande intégrité envers le Tradition Rose-Croix et envers tous les artisans de sa transmission 


Nous avons éprouvé et témoigné un profond respect pour tous ceux qui ont servi notre Tradition, mais nous sommes restés inflexibles et intraitables à l’encontre de ceux qui s’en sont servis...

La faiblesse n’a jamais été une vertu rosicrucienne c’est pourquoi, nous n’avons jamais hésité à nous impliquer énergiquement pour défendre notre idéal et, aujourd’hui encore, nous sommes prêts à continuer, avec la même opiniâtreté et la même fermeté.
Aujourd’hui, grâce à quelques-uns, le
S.E.T.I Cénacle de la Rose+Croix est en possession d’un nombre considérable de documents, collecté en France et en d’autres pays. Ce fut un énorme travail de recherche, de prospection et d’investigation, réalisé auprès de dizaines de rosicruciens sincères, dévoués et parfois éminents, qu’ont accompli les fondateurs et dirigeants du S.E.T.I durant dix sept longues années.

Tous ces documents émanent de la pensée et de l’œuvre de Harvey Spencer Lewis ou de son successeur Ralph Maxwell Lewis. Nombre de ces documents sont rédigés en anglais et certains d’entre eux n’ont jamais été publiés en français. Là encore, cela a demandé un énorme travail de traduction à certains d’entre nous pour les traduire et les rendre accessibles à tous.
Le contenu de ces documents a été scrupuleusement respecté et restitué avec la plus grande exactitude possible.

Ce travail, n’a pas été réalisé à des fins égoïstes ou mercantiles et nos efforts, n’ont eu d’autre but que de sauvegarder et transmettre le plus largement possible, l’œuvre de nos illustres prédécesseurs.

Après de longues années d’efforts et de travail, nous sommes aujourd’hui prêt à diffuser l’intégralité de nos acquisitions.

Oui, mais comment ?

Il nous est d’abord apparu comme une évidence que cette transmission devait se faire par l’intermédiaire de nos membres, comme nous le faisons déjà depuis plusieurs années pour une partie des enseignements.

Oui, mais le hasard n’existe pas !

Une série d’évènements survenus, via notre forum et divers échanges, nous a contraint à remettre en question ce mode de diffusion

Nous ne reviendrons pas sur ces évènements car nous n’avons nullement l’intention d’entreprendre une campagne de dénigrement pour désigner les bons et les mauvais membres ; ni d’exposer à la vindicte du petit monde ésotérique, certains rosicruciens qui n’honorent pas forcément la Rose-Croix ; et moins encore, de pratiquer des purges arbitraires au sein de nos effectifs.

Nous ne nous compromettrons pas dans ces méthodes d’un autre âge, dont nous avons eu largement à pâtir sous le règne de despotes, non éclairés, avides de pouvoir tout autant que de dollars, car nous n’avons pas la même compréhension de l’éthique rosicrucienne et nous ne poursuivons pas les mêmes objectifs.

Oui, mais alors qu’allons-nous faire ?

Un petit coup d’œil en arrière… Harvey Spencer Lewis, n’a pas hésité à faire évoluer la Tradition en diffusant par écrit, des enseignements qui depuis de siècles, n’étaient transmis qu’oralement. Il a ainsi permis à la connaissance rosicrucienne de perdre son caractère intimiste, pour se propager en quelques dizaines d’années, à travers toute la planète.

Pour notre part, en marchant dans ses traces, nous avons voulu rendre plus accessible encore cette connaissance traditionnelle par l’utilisation d’Internet, mis au service des deux innovations majeures du S.E.T.I Cénacle de la Rose+Croix : la gratuité et l’abandon du secret.

Nous considérons aujourd’hui que nous avons largement réussi et nous voulons donc regarder loin devant… et avancer, sur cette voie.

Pour cela, nous avons revu notre mode de fonctionnement.
Changement des statuts en préfecture : Conformément à la loi française, ce changement de statuts s’est fait après approbation, par la majorité des membres présents à l’ assemblée générale extraordinaire de Juin 2007

A présent, le S.E.T.I Cénacle de la Rose+Croix est toujours une association régit par la loi de 1901, mais ne « recrute » plus de membres. Sont membres de droit, tous les hommes et toutes les femmes de bonnes volonté qui adhèrent aux principes rosicruciens et œuvrent au progrès social, moral et spirituel de l’humanité. Ces membres seront désormais nommés des affidés. (Le Littré défini ainsi ce mot : en qui on a confiance ; sur qui l'on compte).

Souvenez-vous, le S.E.T.I Cénacle de la Rose+Croix n’a été créé que pour Sauvegarder les Enseignements Traditionnels et Initiatiques issus de la Rose-Croix. Jamais ses fondateurs ni ses dirigeants n’ont eu le moindre projet de s’accaparer cette connaissance, pour en faire commerce et moins encore de s’en servir pour s’auréoler d’une quelconque aura de gourou, de maître ou de grand quelque-chose...

Leur seul souci fut, et continu d’être, de mettre à la disposition du plus grand nombre des enseignements où, eux-mêmes ont puisé durant de longues années, réconfort, force et connaissance pour faire de leur vie une œuvre la plus conforme possible à leurs idéaux.

Aujourd’hui, avec une importante collection de documents anciens et, pour certains originaux, relatifs à notre Tradition et à nos enseignements, le S.E.T.I Cénacle de la Rose+Croix considère avoir rempli sa mission de sauvegarde. Mais à quoi servirait de sauvegarder pour soi-même ? Aussi, nous considérons qu’il est temps de diffuser largement ce riche héritage à travers le monde afin de ne pas garder plus longtemps « la lumière sous le boisseau » et aussi d’éviter favoritismes ou sectarismes qui cultivent l’illusion de l’élitisme et confine au ridicule lorsque, par trop de naïveté ou de générosité, on distribue bien involontairement… « des roses aux pourceaux ! ».

Nous savons que nous allons faire plaisir à des milliers de chercheurs sincères à travers le monde et nous en sommes heureux. Mais nous savons aussi que nous n’éviterons pas les reproches des sectaires, les critiques des fanatiques et les polémiques avec les vrais-faux-mystiques. Mais qu’importe, nous avançons avec la conviction que nous détenons notre légitimité de notre filiation, de notre initiation, de notre sincérité, de notre loyauté envers la Rose-Croix et envers l’œuvre de Harvey Spencer Lewis et celle de son successeur, Ralph Maxwell Lexis.

Pour conclure, rappelons ce que Harvey Spencer Lewis, prédisait :

« un jour, l’AMORC, telle que nous la connaissons n’existera plus, mais sera remplacée par une multitude de petits rassemblements à travers le monde qui conserveront et feront vivre la tradition Rose-Croix ».

Avait-il eu l’intuition de ce que le S.E.T.I entreprend aujourd’hui ? L’histoire répondra !

En attendant… à vous maintenant, internautes du monde tout entier, de vous approprier la Tradition Rose-Croix , pour la faire vivre et prospérer. Nous pourrons ainsi, tous ensembles, devenir… sans trahir !

Le Directoire : 21 juin 2007

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Conclusion et perspectives

Voilà ce qu’en toute simplicité et en toute sincérité nous pouvions dire sur les relations entre AMORC et S.E.T.I pour répondre à ceux d’entre vous qui se posaient la question légitime des liens susceptibles d’exister entre les deux organisations. Pour ce faire nous avons dû plonger dans un passé douloureux pour ceux qui l’ont vécu. Il n’entrait pas dans notre intention, tout au long de ce récit historique, de jouer les iconoclastes, d’autant moins que nous avons nous-mêmes souffert de l’autodestruction de nos modèles perdant ainsi bons nombres de repères. Mais nous devons, pour aujourd’hui et pour demain, rétablir la vérité et à l’heure où de nombreux anciens rosicruciens de l’AMORC rejoignent nos rangs sans avoir vécu ces tribulations nous nous devions de faire connaître à chacun nos origines sans fard et sans pudeur.

Le passé ne doit pas occulter le présent et encore moins obérer l’avenir. Le S.E.T.I demeurera à jamais le fruit de l’enthousiasme de quelques rosicruciens passionnés qui avaient cru au message d’espérance, d’amour et de partage délivré par les dirigeants de l’AMORC. Leur confiance était telle qu’ils en ont conçu ce grand rassemblement de juillet 89 « DESTINATION AIMER » qui allait contribuer à changer le monde à commencer par le microcosme rosicrucien. Mais c’est justement leur ferveur et leur intégrité qui allait provoquer le schisme inévitable avec les détenteurs du pouvoir temporel du rosicrucianisme. Le S.E.T.I est né d’une déchirure sans doute plus douloureuse pour les bannis que nous étions que pour les bannisseurs de l’AMORC. Les uns découvraient avec une infinie tristesse à quel point leur engagement désintéressé avait été trahi et leur amitié galvaudée, les autres révélaient, par leur fureur, l’angoisse qui les habitait de perdre leur pouvoir et leurs acquis. Nombreux sont ceux qui nous ont alors conseillé d’abandonner le combat, car il s’agit bien d'un combat pour la vérité. Sans doute était-ce la voie la plus aisée. Mais le mysticisme encourage-t-il à la facilité ? Si l’on est convaincu de la justesse d’une cause, a-t-on le droit de la trahir par confort personnel ? Et si d’autres ont suivi votre exemple pouvez vous les décevoir sans avoir donné le meilleur de vous-même ?

A toutes ces questions nous avons répondu non et conclusionc’est pour cela que depuis plus de dix ans nous servons l’idéal rosicrucien à titre bénévole, sans aucun moyen et en restant fidèles aux convictions qui étaient déjà les nôtres au sein de l’AMORC. Mais l’avenir appartient à d’autres les fondateurs ont laissé la place à de plus jeunes qu’eux, le S.E.T.I est devenu le Cénacle de la Rose-Croix sans rien renier de son histoire récente et en conservant les principes fondamentaux qui en font sa force et son originalité : gratuité, solidarité, transparence. Nul doute que notre Cénacle, aujourd’hui sous la conduite de WITZ J-N, sera l’un des piliers de la sagesse humaine dans le siècle qui vient et si notre organisation démocratique venait à en altérer le sens primordial, le Conseil de l’Ethique, qui n’a aucun pouvoir administratif, dénoncerait les dérives et constituerait un recours pour les membres sincères et abusés.

Dans les années qui viennent notre monde, qui perd actuellement tous ses repères moraux traditionnels, aura plus que jamais besoin de se raccrocher à des modèles de fonctionnement pour infléchir sa trajectoire éperdument matérialiste.

Vous qui ne vous fiez pas seulement aux discours, vous qui n'accordez pas votre confiance à ceux qui agissent en contradiction avec les idéaux qu'ils prônent, ouvrez les yeux !

Vous qui pensez que l'Etre est plus important que l'Avoir, vous qui pensez que l'Amour du prochain peut devenir un idéal de vie, ouvrez votre cœur et votre esprit !

Vous qui pensez que la Vérité nous rend libres, soyez et demeurez un vivant point d'interrogation !

S'il y a bien une conviction que nous avons acquise, après ces années de confrontation avec ceux qui arborent la tolérance comme étendard, c'est que l'intégrité, le courage et l'imagination doivent toujours guider nos pas si nous avons l'ambition de servir, si peu que ce soit, la Conscience Universelle. Comme le prônait un encyclopédiste du XVIIIème siècle le but de tout enseignement qui tend à rendre l’homme meilleur n’est pas d’asservir mais d’éclairer les consciences !

Si au travers de cette narration dense en événements de toutes sortes vous avez perçu la sincérité de nos propos, la réalité de nos intentions et la noblesse de nos ambitions cela justifie pleinement les heures de recherche documentaire, de rédaction et de mise en forme que nous avons consacrées à cette réalisation.

Pour le Conseil de l’Ethique : ICTUS - Octobre 2001 -

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Prolégomènes

verite

Depuis la création de notre association, de très nombreuses personnes nous ont interrogés sur ses origines et ses éventuels liens avec l’AMORC. Ces questions se sont faites encore plus nombreuses et plus pressantes avec la création de notre site Internet. 

Ce récit à caractère historique et les documents annexés n’ont d’autres buts que de répondre avec précision aux interrogations du public. Leur aspect parfois polémique doit être compris en replaçant les événements décrits dans leur contexte passionnel qui ne saurait en rien altérer la véracité des propos. Il est important de préciser que les dirigeants du S.E.T.I puis ceux du Cénacle de la Rose-Croix ont toujours agi en pleine lumière, en signant leurs écrits et ce malgré les menaces maintes fois réitérées des grands spécialistes de la «chicane ésotérique». Malgré l’appétence immodérée de nos adversaires pour les procédures judiciaires, jamais nous n’avons été mis en cause car toutes nos affirmations étaient fondées.

Nos écrits (voir annexes) n’avaient pas pour but de nuire, mais de rétablir la vérité et livred’éclairer nos frères rosicruciens abusés par la propagande et les mensonges des nouveaux dirigeants de l’AMORC. Depuis plus de dix ans nous avons poursuivi le même objectif continuer à servir la Rose-Croix et les étudiants rosicruciens, comme nous l’avions fait en toute sincérité durant de nombreuses années au sein de l’AMORC. A ceux qui pourraient douter de notre clairvoyance à cette époque ou de notre altruisme aujourd’hui, nous répondrons simplement que tout étudiant sur le sentier du mysticisme peut se tromper ou être abusé, un temps, mais qu’il n’a pas le droit de tromper sciemment les autres.

Que les sceptiques, comme ceux qui nous accordent déjà leur confiance, veuillent bien prendre le temps de lire attentivement ce qui suit et les documents annexés. Ces écrits retracent les péripéties douloureuses auxquelles nous avons été confrontés . Ils constituent «notre histoire» (1) en même temps qu’ils s’inscrivent de façon irrévocable dans l’Histoire de la Rose-Croix.
Il n’est pas aisé pour le lecteur impartial, à fortiori pour le lecteur partisan, de se faire une opinion objective sur une situation conflictuelle en prenant simplement connaissance des affirmations des uns et des autres, sans pouvoir vérifier les dires. Pour notre part nous avons toujours pu démontrer à ceux qui nous le demandaient la véracité de nos propos. De plus les années s’écoulant, tout ce que nous avions porté en son temps à la connaissance de nos frères rosicruciens fut confirmé par les faits ou reconnu beaucoup plus tard par les dirigeants de l’AMORC. En prenant connaissance de ces divers documents le lecteur, attentif à la chronologie, s’en rendra compte aisément.

Le S.E.T.I, aujourd’hui devenu Cénacle de la Rose-Croix, est une association à but non lucratif fondée par d’anciens membres de l’AMORC, qui ont exercé au sein de ce mouvement rosicrucien, des responsabilités régionales à titre bénévole. Le Président fondateur du S.E.T.I, Jean Pierre JULY, aujourd’hui Président d’honneur du Cénacle de la Rose+Croix, était en janvier 1990 membre du Grand Conseil de l’AMORC. C’est à cette époque que pour marquer son refus de cautionner les nouvelles orientations des dirigeants de cette Association, il démissionna de ses fonctions d’officier de la Grande Loge des pays de langue française. Jacques DEVAUX, Jacques JULY et Jean Louis BOURGEOIS, les trois Moniteurs Régionaux chargés de le seconder lui apportèrent un soutien total dans cette démarche et démissionnèrent le même jour pour les mêmes raisons. Ils furent imités en cela par tous les officiers de la Loge Cornélius Agrippa de LIMOGES dont WITZ J-N actuel Président du C.R.C. et par de très nombreux officiers des organismes de la région Poitou-Charentes. Cette vague de protestation, par renoncement à des fonctions honorifiques de service, fit éclater un scandale qui allait être à l’origine de plusieurs radiations arbitraires et de nombreuses démissions de l’AMORC. Cette situation d’exclusion douloureusement vécue par des rosicruciens sincères les conduisit, pour poursuivre ensemble leur quête, à créer le mouvement pour la Sauvegarde des Enseignements Traditionnels et Initiatiques (S.E.T.I).

Pour comprendre les doutes qui assaillirent les créateurs de ce mouvement rosicrucien il faut remonter à l’organisation puis au déroulement de la convention générale de l’AMORC pour les pays de langue française, en juillet 1989.

C’est en avril 1985 lors de la Convention de CANNES que le Grand Conseil de l’AMORC désigna officiellement LIMOGES pour organiser la Convention Générale des pays de langue française. Cet événement devait avoir un retentissement considérable pour une ville moyenne. En effet, Limoges allait accueillir plus de trois mille membres pendant près d’une semaine et cette convention rosicrucienne de juillet 89 demeure encore aujourd’hui pour la capitale limousine un des tous premiers événements en matière de rassemblement populaire et d’hébergement. C’est pourquoi à compter de cette décision, tous les rosicruciens de la région Poitou-Charentes (Limoges étant rattachée à cette région dans le découpage amorquien) sous la conduite de Jean Pierre JULY, président du comité d’organisation, allaient consacrer une très grande partie de leur temps libre à la préparation de ce rassemblement.

L’organisation de cette manifestation conduisit les responsables régionaux à établir de très nombreux contacts internes et externes à l‘AMORC, les amenant à constater un certain nombre de faits troublants pour lesquels ils eurent l’outrecuidance de poser des questions et surtout d’exiger des réponses. A l’image d’Icare qui avait vu fondre la cire de ses ailes en s’approchant trop prés du soleil, ils furent mis au ban de " l’Eden amorquien " parce qu’ils avaient cherché à connaître et à comprendre ce qui devait rester caché pour le " membrus vulgarus ".

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Destination Aimer... ou l'histoire d'une convention !

La Convention 89 dont nous avions voulu qu ‘elle constitue tout à la fois la représentation symbolique de notre idéal rosicrucien et un retour aux sources de la Rose-Croix déclencha bien malgré nous un processus irréversible qui nous conduisit à assumer pleinement ce que nous allions appeler " l’Héritage Spirituel de la Lumière " en hommage à Harvey Spencer LEWIS. La naissance du SETI, donc du C.R.C., est indissociablement liée à l’organisation de cette convention de Limoges. C’est en remontant à la source de ces événements que vous pourrez comprendre la genèse de notre mouvement.

Coup de théâtre au Bureau Suprême de l'AMORCconvention

En juillet 86, alors que les dirigeants limougeauds ont entrepris leur long travail de préparation de la " Convention 89 " qui nécessite en premier lieu un renforcement de la cohésion de la région et un dévouement accru des membres, Raymond BERNARD Légat suprême de l’AMORC démissionne de ses fonctions. Celui que tous les rosicruciens français voyaient déjà comme successeur de Ralph Maxwell LEWIS au poste d’Imperator abandonne sa mission. Ce renoncement est à l’évidence très mal vécu par les rosicruciens français. Les rumeurs les plus folles circulent sur son état de santé qui ne lui permettrait plus de diriger l’AMORC. Un an plus tard, en juillet 87, la couverture du magazine " Le Monde Inconnu " publié, avant la Convention de Paris, contribuera à alimenter les débats sur les raisons de son départ. On y voit un Raymond BERNARD vieillissant et très marqué; en réalité son changement sur le plan physique est surtout lié au fait qu’il a abandonné la moumoute qui dissimulait une calvitie déjà ancienne. Jean Pierre JULY, Grand Conseiller de la région Poitou-Charentes, qui entretient des relations amicales avec un conférencier de l’AMORC, avocat de l’organisation et ami de Raymond BERNARD, apprend que la démission de ce dernier ne serait en rien motivée par son état de santé mais plutôt consécutive à des désaccords profonds au sommet de l’AMORC. Déjà le doute s’installe et la confiance absolue des membres envers leurs dirigeants français se lézarde.

Heureusement il reste l’Imperator Ralph Maxwell LEWIS, fils du fondateur de l’AMORC, pour préserver l’intégrité du mouvement.

Une lutte sans merci pour le pouvoir

En janvier 87, la nouvelle que tous les rosicruciens redoutaient depuis quelques mois tombe : Ralph Maxwell LEWIS vient de mourir. Raymond BERNARD démissionnaire quelques mois plus tôt ne pourra lui succéder. Son fils, nommé à sa place au Bureau Suprême, paraît beaucoup trop inexpérimenté et ce d’autant que les compétences dont il a fait preuve au poste de Grand Maître, n’ont jamais soulevé l’enthousiasme, notamment chez les membres les plus anciens. C’est donc un inconnu pour la plupart des rosicruciens français qui est désigné comme Impérator par le bureau suprême : Gary L. STEWART. Beaucoup de théories ont été élaborées sur les raisons de cette désignation il semble bien en effet que Ralph M. LEWIS n’ait pas souhaité désigner son successeur, comme il aurait logiquement dû le faire, pourquoi ? Plusieurs hypothèses sont permises, et celle que le Président fondateur du S.E.T.I a émise dans la revue de l’AEIMR : le piégeage de Gary L. STEWART par la famille BERNARD, n’a jamais été démentie ( cf. : " Mouvements Religieux " n° 160 août 93) (2).

En janvier 88 une nouvelle déflagration secoue le petit monde du rosicrucianisme, Raymond BERNARD vient d’annoncer à grand renfort de publicité dans son magazine préféré " Le Monde Inconnu " la création du CIRCES officiellement le Cercle International de Recherches Culturelles Et Spirituelles. Dans les faits Raymond BERNARD vient de créer une dissidence de l’AMORC dont le sigle signifie pour les initiés Cercle Intérieur de la Rose Croix Esotérique et Secrète. C’est en tout cas ce que font savoir les proches de Raymond BERNARD au Grand Conseiller de la région Poitou Charentes qui occupe à cette époque là une position stratégique en tant que Président de la future Convention générale des pays de langue française de l’AMORC. C’est également au cours de cette période que les futurs fondateurs du S.E.T.I entendent parler pour la toute première fois de modification des enseignements mis au point par Harvey Spencer LEWIS ; ils ne tarderont pas à vérifier cette information divulguée par les proches de Raymond BERNARD .

La création du CIRCES provoque un trouble considérable au sein de la communauté rosicrucienne de l’AMORC. La plupart des membres français accueillent cette initiative avec enthousiasme (ils voulaient Raymond BERNARD comme Imperator, ils vont pouvoir surmonter leur déception) et ce d’autant plus que Gary L. STEWART est, dans un premier temps Président d’Honneur du mouvement, (cela ôte tout scrupule à ceux qui auraient pu en avoir). Il faut dire que plus l’enthousiasme est grand, plus il confine au fanatisme et moins il laisse de place à la réflexion ou à l’intégrité. Les dirigeants de Poitou Charentes n’échappent pas à l’engouement général et ils sont prêts à s’engager auprès de l’aîné des BERNARD notamment en raison des buts altruistes et de la vocation affichée du CIRCES " humanitaire et universelle ". Cependant avant de prendre une décision dans ce domaine et compte tenu de l’ambiguïté de la situation à l’époque, le Grand Conseiller propose aux Moniteurs Régionaux de solliciter l’avis du Grand maître Christian BERNARD auquel ils ont prêté serment d’allégeance en temps qu’Officiers de la Grande Loge. Interrogé par le Grand Conseiller, le fils BERNARD affiche clairement son opposition à la création du CIRCES, il le redira publiquement lors de la convention régionale d’Aix les Bains en mai 88. Le Grand Maître de la juridiction française de l’AMORC étant opposé à la création du CIRCES, Jean Pierre JULY considère qu’un Officier de la Grande Loge ne peut adhérer à ce mouvement tant qu’il demeure en fonction. C’est sa conception de la loyauté dans le service, et quel que soit son attachement pour la personnalité de Raymond BERNARD à cette époque, il n’adhère pas au CIRCES. Précisons que malgré les appels du pied des proches de ce dernier, il n’y adhèrera jamais. Il demande aux Moniteurs Régionaux de sa région de choisir entre leur fonction et le CIRCES. Il estime qu’en tant que membres de l’AMORC ils sont libres de leurs engagements mais pas en tant qu’Officiers, l’un d’eux choisira d’ailleurs le CIRCES et démissionnera de ses fonctions. Jacques DEVAUX et Jacques JULY maintiendront leur confiance au Grand Maître en renonçant aux sirènes du CIRCES. Afin de remplacer le démissionnaire Jean Louis BOURGEOIS viendra compléter l’équipe de responsables régionaux.

Quelles que soient les convictions et la ferveur des rosicruciens de cette époque, tous ces évènements commencent à peser lourd dans les esprits. Les interrogations sont de plus en plus nombreuses, Gary L. STEWART un moment Président d’Honneur du CIRCES retire son soutien au mouvement. Le père BERNARD et le fils (ou plutôt la bru) se querellent par voix de presse dans " le monde inconnu " qui décidément demeure indissociable de la saga amorquienne. Des proches de Raymond BERNARD confirment, à qui veut l’entendre, la modification des enseignements originaux de l’AMORC. Ils prétendent qu’un certain TOUSSAINT entré dans l’ordre au début des années 80 serait l’auteur des modifications profondes et de l’altération du message rosicrucien. Celui dont le nom est à cette époque complètement inconnu des membres de base, travaille à cette transformation lente et insidieuse de l’organisation. Il prépare dans l’ombre du Grand Maître et de sa femme son propre avènement.

Toutes ces péripéties peuvent paraître bien anodines au lecteur du XXIème siècle. Mais il faut comprendre quelle remise en cause intérieure ont vécue les membres de l’AMORC, durant cette période. Lorsqu’ils découvrirent qu’au sommet de cette pyramide d’idéaux que concrétisait, à leurs yeux, leur organisation une poignée d’hommes et de femmes se livraient une bataille sans merci pour le pouvoir et tous ses attributs. De nombreux rosicruciens sincères qui pensaient avoir trouvé, au sein de cette grande fraternité, un havre de paix à l’abri des turpitudes de ce monde, prenaient lentement conscience qu’il n’en était rien. Pourtant sans tomber dans la crédulité jobarde de l’adepte fanatique, nous étions tout de même en droit d’espérer que ce ne fut pas pis que dans le monde dit " profane ", et bien si.

Nous allions découvrir là beaucoup plus de vénalité, de mensonge, de manipulation et d’iniquité que le quotidien de l’actualité laïque n’en réserve.

Le développement du mercantilisme

Depuis plusieurs années déjà, les membres de l’AMORC avaient pu remarquer, notamment au travers de leur bulletin mensuel, une évolution de l’association à but non lucratif vers des activités commerciales de plus en plus nombreuses et variées. Du livre ésotérique " indispensable pour l’évolution ", on était parvenu aux excursions " initiatiques " ou aux retraites silencieuses (mais onéreuses et laborieuses) en passant par les bibelots divers et bijoux somptueux qui n’avaient parfois qu’un lointain rapport avec la philosophie rosicrucienne.


Dans le cadre de la préparation de la Convention 89, une première entrevue au château d’Omonville, siège de l’organisation, avec le Grand Maître de l’époque permit aux responsables limougeauds de se rendre compte que l’épouse de ce dernier, officiellement secrétaire de l’Association, était beaucoup plus préoccupée par la promotion du prochain voyage en Israël organisé par son agence préférée, à l’intention des amorquiens, que par la réussite de la Convention générale de l’Ordre prévue à Limoges. L’insistance avec laquelle elle demanda au Grand Conseiller de convaincre les membres de s’inscrire à cette excursion, moyennant finances, fut particulièrement troublante pour les organisateurs bénévoles de la Convention 89.

La préparation de ce rassemblement rosicrucien conduisit également les responsables de Limoges à prendre contact avec les organisateurs des précédentes conventions de l’AMORC et notamment celle de Paris en 87. Là, au cours de plusieurs rencontres avec les dirigeants parisiens, ils découvrirent avec stupéfaction les dépenses somptuaires qui étaient réalisées au Centre Culturel de Paris, dans des locaux qui n’étaient que loués à cette époque par l’AMORC, au 199 bis rue Saint Martin. Ce train de vie contrastait, pour le moins, avec celui des organismes de province où les membres devaient parfois consentir des sacrifices financiers importants pour assurer les activités de leur association locale.

Malgré les explications embarrassées du Grand Maître pour justifier la " vitrine parisienne " et la nécessité de commercialiser un certain nombre de produits pour " répondre à la demande des membres " et " soutenir financièrement les activités de l’Ordre " le doute s’était installé. Mais à cette époque les rosicruciens de Limoges étaient convaincus de la probité du Grand Maître et pensaient plutôt qu’il subissait l’influence d’un entourage moins scrupuleux qui infléchissait progressivement les nouvelles orientations de l’organisation. De plus la convention 89 est en préparation, de nombreux engagements officiels ont été pris (salles, hôtels, entreprises diverses, etc.) il faut assumer la responsabilité locale de l’événement.

C’est leur dévouement et leur sens de la rigueur dans la préparation de cette manifestation qui va justement conduire les organisateurs limougeauds de découvertes en déceptions successives.

Les consignes de rentabilisation de la Convention 89

Dés le début de la préparation, le Grand Maître a insisté pour " rentabiliser " l’événement, quoi de plus normal au fond. Sauf qu’il fixe, dans un premier temps, le seuil de rentabilité à 800 participants. Ce qui signifiait, compte tenu d’un droit d’inscription envisagé de 600 F, un budget " dépenses " de 480 000F. Dans cette perspective, les " recettes " provenant des seuls droits d’inscription pour les 3000 participants auraient rapporté la bagatelle de 1 320 000 F à l’AMORC.

En définitive, les organisateurs locaux, considérant que le but d’une convention, n’était pasconvention de faire du bénéfice, finiront par convaincre le Grand Maître de relever très largement le seuil de rentabilité. Cela leur permettra d’offrir aux participants un accueil et un spectacle dignes d’un tel événement et en adéquation avec les frais engagés par chaque membre. Le bilan financier permettra néanmoins de dégager 400 000 F d ‘excédent, qui auraient dû en toute logique être réinvestis au profit des Associations de la région organisatrice et dont seule la Loge " Horus Râ " de Poitiers tirera un maigre profit (36 000 F). Le Grand Conseiller (Président de la Convention) obtenant la remise de l’emprunt contracté auprès de la Grande Loge (avec intérêt de 10% à l’origine) pour l’acquisition de locaux au profit de la Loge de Poitiers donc de l’AMORC. Une opération financière dont on peut admettre qu’elle soit difficile à saisir pour le commun des emprunteurs. Ainsi l’AMORC prêtait à certaines associations locales (Loges, Chapitre et pronaoï) avec intérêts substantiels, des sommes, remboursées au fil des années par les membres de ces associations locales, pour acquérir des locaux qui dans la logique statutaire de l’AMORC lui appartenaient dés l’acquisition, astucieux n’est-ce pas ?

Par ailleurs, pour les besoins de la convention de très nombreux documents furent imprimés. Quelle ne fut pas la surprise des organisateurs de constater que l’imprimerie attitrée de l’AMORC consultée à plusieurs reprises, dans un souci de bonne gestion du budget convention, fournissait des devis deux à trois fois supérieurs à ceux des imprimeries limougeaudes. A tel point qu’en toute bonne foi le Grand Conseiller proposa au Grand Maître de faire imprimer tous les documents de l’AMORC à Limoges. Pour donner le change ce dernier passa une commande symbolique de quelques milliers de feuillets à une imprimerie de Limoges (cf. pièce jointe) (3) alors que des travaux nettement plus lucratifs furent maintenus à l’imprimerie préférée des dirigeants français de l’AMORC et ce malgré des devis très nettement inférieurs établis par l’imprimerie limougeaude. Quel intérêt pouvait bien avoir l’association à payer plus chers les travaux d’imprimerie ?

Tous ces faits et bien d’autres encore semèrent définitivement le trouble dans l’esprit des organisateurs limougeauds qui se demandèrent alors si ceux qui conduisaient la juridiction française de l’AMORC étaient toujours en accord avec les buts et idéaux prônés par les enseignements rosicruciens et auxquels les membres du comité directeur de la convention 89 avaient consacré bénévolement de nombreuses années de leur vie. Mais compte tenu de l’engagement de toute une région pour organiser cette manifestation, il était impossible de faire marche arrière. Pour en avoir le cœur net, il fallait laisser se dérouler l’événement et essayer par la suite d’obtenir des éclaircissements de la part des dirigeants de l’AMORC.En fait les choses allaient prendre une autre tournure et se préciser plus tôt que prévu au gré d’une rencontre.

Une question de confiance

Compte tenu de ce contexte mercantile, les responsables de la Convention 89 décidèrent de ne pas jouer les " marchands du Temple " et refusèrent lors de cette manifestation de se livrer à la vente des livres, bijoux et autres bibelots de la " Diffusion Rosicrucienne ". Cette coopérative venait de voir le jour pour compenser la perte des " Editions Rosicruciennes " conservées par le père BERNARD, au profit de l’organisation qu’il venait de créer le CIRCES. On comprend où se situait la motivation des uns et des autres. Qu’à cela ne tienne, à la demande du fils BERNARD le  Directeur " récemment improvisé " de la coopérative viendra lui-même faire son négoce dans le cadre de la Convention de Limoges. Néanmoins pour des raisons de sécurité, Jacques DEVAUX le trésorier du Comité d’organisation accepte de transférer chaque soir l’argent perçu par la Diffusion Rosicrucienne sur le compte " Convention 89 ". Les courriers échangés (4) par la suite démontrent l’incompétence du " Directeur improvisé" de la Diffusion Rosicrucienne qui avait oublié 40 000 F dans les caisses de la Convention, ils mettent également en évidence la probité des organisateurs de la Convention et leur préoccupation sur les buts véritables de l’AMORC exprimée par leur Président.

Irrité par l’opiniâtreté des limougeauds et leur manie de l’interroger sans cesse sur le fonctionnement de l’AMORC, le Grand Maître a décidé de marquer publiquement sa distance avec ces responsables locaux. Ils deviennent, à ses yeux, un peu trop curieux et sont probablement trop intègres pour être manipulés (Le grand Conseiller n’a-t-il pas déjà proposé deux fois sa démission sur des questions de confiance ? Le Grand Maître l’ayant refusée). Malgré le succès de la Convention 89 tant en termes de participation que d’enthousiasme (certains spectacles sont applaudis à tout rompre, neuf minutes de " standing ovation " pour " destination aimer " la pièce écrite par Jacques JULY et interprétée par des enfants " porte flambeaux " de l’AMORC) le Grand Maître affiche une attitude détachée, à peine polie et se garde bien de remercier nommément les organisateurs ce qu’il fait pourtant régulièrement lors de ce type d’évènement. Le soir du samedi 22 juillet, avant dernier jour de la Convention, il quitte rapidement le banquet officiel pour éviter toute discussion avec ses hôtes. Paradoxe de l’histoire, c’est ce soir là, que le Président du Comité d’organisation est invité à assister, à la demande d’un ancien Grand Conseiller de ses amis, à une conversation entre ce dernier et l’envoyé spécial de Gary STEWART à Limoges Ken O’NEILL. Cet ancien grand Conseiller occupe un poste important dans l ‘administration fiscale, et il fait part à l’émissaire américain de sa préoccupation sur la gestion de l’AMORC France depuis quelques années. Il est plus que probable que Ken O’NEILL, qui lâchera Gary STEWART par la suite, ne lui a jamais rendu compte de cette conversation et a seulement informé Christian BERNARD de la teneur des propos échangés ce soir là. Ce qui explique le comportement encore plus froid et distant du Grand Maître avec les organisateurs le dernier jour de la Convention. Cette fois les suspicions légitimes ont remplacé les doutes au moins pour ce qui concerne les aspects financiers de la dérive amorquienne. La Convention est terminée et il faut profiter du bilan pour interroger le Grand Maître sur les nouvelles orientations de l’AMORC. Cette question des buts véritables de l’organisation, avait été abordée à plusieurs reprises par téléphone avec Christian BERNARD et même dans le  rapport final de la Convention 89 (5) , mais elle demeurait sans réponse.

Un rendez-vous est donc pris avec lui par le Comité d’organisation pour faire le bilan de la convention et poser la question de confiance.

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